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L’angoisse est à son comble

Carol Scheller-Doyle raconte les dernières agressions de l’armée israélienne en Palestine, ainsi que la catastrophique situation humanitaire.
Conflit

Des attaques sur la bande de Gaza ont recommencé il y a plus d’une semaine tandis qu’un blocus total sur l’entrée de toute aide humanitaire est déjà en place depuis quatre semaines. Israël s’était pourtant engagé à fournir cette aide (eau, machines à déblayer les gravats pour retrouver des morts, nourriture, fournitures médicales, tentes et caravanes) lors des accords de cessez-le-feu de janvier.

En prétextant la nécessité d’éliminer des responsables du Hamas, l’armée a bombardé, tué et gravement blessé des centaines de personnes ces derniers jours. Sans broncher, elle chasse encore une fois des déplacés sur des routes où personne n’est en sécurité. La peur totale et l’incertitude règnent.

Dans ce contexte, un tank israélien a pris comme cible deux locaux de l’ONU à Deir al-Balah le 19 mars, tuant un membre bulgare du personnel et blessant grièvement cinq autres, dont quatre internationaux. Les bâtiments étaient bien connus des forces israéliennes selon le directeur de l’UNOPS, M. Moreira da Silva. Le 22 mars, le Turkish Hospital a été détruit par une frappe.

Un rapport des Physicians for Human Rights – Israël (PHR, Médecins pour les droits humains), daté du 24 mars, dénonce l’empêchement de l’évacuation des malades et des blessés de la bande de Gaza. Israël, selon PHR, a délibérément détruit et ciblé le système de santé gazaoui. Le PHR appelle à un cessez-le-feu immédiat, à la protection garantie de tout centre de soins médicaux et à l’établissement de la libre circulation partout pour acheminer l’aide dont le besoin est criant.

Le 24 mars, un bureau du CICR à Rafah a subi des dommages dans une attaque semblable à celle qui a frappé les bâtiments de l’ONU le 22 mars. Le CICR dénonce l’attaque en soulignant que les parties en conflit connaissaient bien l’existence de ce bureau qui est protégé par le droit humanitaire international comme toute facilité médicale ou toute aide.

Dans le même temps, ils ont perdu le contact avec des techniciens de la Société palestinienne du Croissant Rouge, partis pour agir dans l’urgence. On apprend aussi que deux journalistes sont morts des tirs israéliens le 24 mars. Confronté à l’impossibilité de garantir la protection de ses employés, l’ONU vient d’annoncer qu’elle se voit obligée de réduire son personnel d’un tiers. L’angoisse est à son comble.

Carol Scheller-Doyle,
Chêne-Bougeries (GE)