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Petite embellie européenne

Mercredi, le Conseil fédéral a présenté une feuille de route qui serait à même de prévenir le risque de dumping salarial par les entreprises de l’Union européenne lorsqu’elles emportent des marchés ou des mandats en Suisse. KEYSTONE
Suisse

Un consensus minimal quant aux contours que les bilatérales III devraient adopter pour avoir une chance devant le peuple semble avoir été trouvé entres partenaires sociaux. Le Conseil fédéral a présenté mercredi une feuille de route qui, selon lui, serait à même de prévenir le risque de dumping salarial par les entreprises de l’Union européenne lorsqu’elles emportent des marchés ou des mandats en Suisse. Et, partant, donnerait une petite chance au dossier européen devant le peuple.

Pour l’heure, ce consensus est surtout d’ordre politique. L’exécutif fédéral, par la bouche de Guy Parmelin, a officiellement admis qu’un tel accord affaiblirait la protection salariale en Suisse et que des mesures compensatoires au niveau du droit national doivent être trouvées. Jusqu’à présent, cette réalité était cachée sous le boisseau.

Parmi les domaines où la loi devrait être changée, la législation sur l’extension des conventions collectives de travail. Un texte qui date de 1956. Autrement dit, de Mathusalem, à l’heure d’une économie mondialisée. Autre exigence des syndicats: introduire une responsabilité des mandants, histoire de ne pas voir s’évanouir dans la nature un sous-traitant malhonnête.

Enfin, relevons que ce consensus annoncé hier ne porte que sur le marché du travail. Les domaines de l’électricité et du rail restent dans un angle mort. Or, au vu des effets désastreux de la libéralisation du marché du courant voulue par Bruxelles sur les prix de ce fluide, quelques garanties sont attendues par les consommateur·rices.

On le voit, pour l’heure, c’est surtout la forme de la table qui a été choisie. Le contenu à même de débloquer le crucial dossier européen reste à négocier. Tout sera une question de volonté, de bonne foi et de capacité à faire des concessions. Un domaine où le patronat suisse n’excelle pas.

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