Genève

Campagne électorale paradoxale

Campagne électorale paradoxale
Pierre Maudet, qui sélectionne les médias et ses apparitions, peut dérouler sans trop d’obstacles sa campagne. KEYSTONE
Conseil d'Etat/Election complémentaire

C’est un paradoxe: alors que c’est aux erreurs et à l’arrogance du démissionnaire Pierre Maudet que l’on doit l’élection complémentaire pour le Conseil d’Etat genevois du 7 mars, la plupart des candidats évitent le sujet. Les favoris, la verte Fabienne Fischer et le PLR Cyril Aellen, se gardent de confronter leur adversaire à ses casseroles. Pourtant, ils auraient le choix de l’apprêter à toutes les sauces. Mais stratégiquement, ils semblent avoir calculé que le terrain était trop miné.

Résultat, Pierre Maudet, qui sélectionne les médias et ses apparitions – il n’a pas donné suite à notre demande d’interview dans le cadre de la série d’entretiens et portraits que nous clôturons aujourd’hui –, peut dérouler sans trop d’obstacles sa campagne. Et celle-ci sort du lot. Parution d’un livre, permanence pour les indépendants laissés pour compte de la crise… Le tout teinté de démagogie, lui qui prétend «dépasser les clivages gauche-droite» ou se positionne en contempteur des autorités, alors qu’il est au Conseil d’Etat depuis 2012 et est responsable de l’ambiance délétère qui y règne.

Bien entendu, Genève a des préoccupations plus existentielles que de voir les talons de M. Maudet – sortir de la crise, urgence climatique, emploi, etc. Les candidats doivent donc avant tout décliner leur programme. Mais Cyril Aellen, outre de désormais fuir les responsabilités de son parti à qui l’on doit que Pierre Maudet soit toujours en poste, apparaît terne. Car ce député, connu pour parler cash et assumer des positions très droitières, s’est transformé en agneau pour prouver qu’il saura être collégial. Fabienne Fischer, elle, fait une campagne qui ne se démarque pas, presque assurée d’arriver en tête au premier tour, en raison de l’extrême division de la droite.

Après ses hésitations et son rétropédalage sur le thème du vaccin, elle cherche visiblement à ne pas entraver son objectif – et premier enjeu de l’élection –, soit renverser la majorité de droite au soir du deuxième tour. Mais pour faire quoi alors que les actuels magistrats de gauche ont pu décevoir et face à un parlement dominé par la droite et le MCG?

Même si, à gauche de la candidature verte, Morten Gisselbaek (Parti du travail) ose des concepts comme «décroissance» ou «gratuité des transports publics», il n’apparaît pas comme un poil à gratter. Car, peu soutenu, il paie les divisions de la gauche radicale.

Le 7 mars n’étant qu’un tour de chauffe, l’enjeu pour la droite porte sur la capacité de nuisance de l’indépendant Pierre Maudet pour le PLR, son ancien parti.

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