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Vers un ostracisme?

Léon Meynet s’inquiète de certaines initiatives privées qui visent à inciter les gens à se faire vacciner.
Vaccins

Sale temps pour les pessimistes du vaccin. Alors que la compagnie aérienne australienne Quantas a allumé la mèche d’autorisation de vol sur ses lignes conditionnée par une vaccination en bonne et due forme, d’autres, plus proches de nous, leur emboîtent le pas avec mille précautions, mais non moins de détermination pour relancer leur business.

Vous l’avez deviné, ce sont les milieux du sport et du spectacle qui entrent en lice dans l’Hexagone pour réouvrir les stades et les théâtres au public à des conditions similaires. De nombreuses vedettes du sport et du show-biz se sont lancées dans des opérations conjointes différenciées pour encourager leur public à se faire vacciner. Autrement dit, ils/elles sont les grands propagandistes du «point de salut socioculturel en dehors de la vaccination». Elle permettra aux fans et aux cultureux de retrouver leur place dans les stades et les salles.

Sont-ils pilotés par la «task force» sanitaire ou par leurs seuls intérêts économiques? Difficile à apprécier mais quelle qu’en soit la raison, il y a volonté de recréer le monde comme avant et le plus vite possible avec des vaccinés/es. Et les autres? Et bien ils/elles resteront sur la touche jusqu’à ce qu’ils/elles prennent le chemin du Saint-Graal de la vaccination. Et elle pourrait être diaboliquement incitative si d’autres décideurs leur emboîtaient le pas en assortissant les accès aux transports publics, aux musées, aux festivals, aux déplacements à l’étranger de la même injonction.

En poussant un peu plus loin le bouchon, on pourrait même imaginer qu’il faille un carnet de vaccination dûment estampillé Pfizer ou Moderna pour passer les frontières ou déambuler dans les Rues basses. Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, généraliser son usage pour avoir droit d’accès au Paléo, aux concerts du Victoria-Hall, de l’Alhambra, de l’Usine ou aux représentations de la Nouvelle Comédie. Quelles seront alors les positionnements des maîtres de ces lieux et du public habitué à les fréquenter?

Dans ce cas là, nous nous acheminerons vers une ostracisation qui clivera définitivement le corps social entre les estampillés de la norme à qui toutes les portes seront ouvertes et les récalcitrants/résistants qui seront mis au pilori et/ou confinés à vie.

Léon Meynet,
Chêne-Bougeries

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