Genève

Rétablir la confiance

Rétablir la confiance 1
Depuis des années, les problèmes s’accumulent à l’Office des poursuites de Genève. Un rapport récent vient le confirmer. KEYSTONE
Office des poursuites

Depuis des années, les problèmes s’accumulent à l’Office des poursuites de Genève: logiciel défaillant, souffrance au travail, usagers prétérités, etc. Les audits également. Un rapport confidentiel daté de décembre vient confirmer les dysfonctionnements mis en lumière par les articles successifs du Courrier depuis un an. La Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil ne s’y est pas trompée. Elle prépare elle aussi un – second – rapport, attendu avant l’été.

La conseillère d’Etat Nathalie Fontanet, en charge des Finances, a déjà déplacé le directeur des Poursuites et l’a remplacé par son homologue des Faillites, qui désormais chapeaute les deux offices. Une bonne solution? Provisoirement, peut-être. Mais sur le long terme, il est permis d’en douter. Quant au système informatique créé sur mesure, des voix sur le terrain s’élèvent pour demander qu’il soit remplacé. Ce qui reviendrait à dire que Genève a jeté passablement d’argent par les fenêtres (officiellement 11 millions de francs ont été dépensés, le double est évoqué à l’interne).

Le dernier rapport en date vient aussi porter une lumière crue sur le précédent responsable des Finances, le conseiller d’Etat Serge Dal Busco. Il a imposé le lancement prématuré d’un nouvel outil informatique inadapté et protégé l’ancien préposé envers et contre tout. La publication interroge également la perspicacité du Service d’audit interne de l’Etat de Genève qui n’a pas relevé d’erreurs majeures de conception du logiciel.

Elle n’aborde pas, en revanche, les questions relatives au respect des dispositions légales, qu’il s’agisse des actes de collocation, des comptes en déshérence ou des actes de défaut de bien. Puissent les députés faire la lumière sur ces aspects.

Désormais, les responsabilités des uns et des autres doivent être établies, condition sine qua non pour une restauration de la confiance de toutes les parties. C’est aussi une question de justice minimale vis-à-vis des citoyens contribuables et du personnel qui, à travers notamment des atteintes à la santé et des licenciements illégaux, continue à payer très cher ces années d’errance.

Régions Opinions Genève Christiane Pasteur Office des poursuites

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L’Office des poursuites en faillite

jeudi 6 février 2020
Management incompétent, personnel en souffrance, dysfonctionnement informatique, opérations illégales... Le Courrier continue de mener l’enquête à l’Office des poursuites et faillites de Genève.

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