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On lâche rien!

Via une lettre ouverte, le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe revient sur le nombre de participant-e-s dans le canton.
Grève des femmes

Des centaines de milliers de femmes – toutes générations, origines, statuts et professions confondues – ont participé à la grève féministe du 14 juin 2019 dans toute la Suisse de façon créative et déterminée. Le violet et nos multiples revendications s’affichaient partout, dans la rue, dans les quartiers, dans les écoles, sur les lieux de travail: égalité salariale, dénonciation des féminicides, partage des tâches domestiques et de soins, éducation non sexiste à l’école, sexualité épanouie… 17 revendications consignées dans un appel commun lu dans toutes les villes sur le coup des 11h. Un arrêt du travail largement suivi à 15h24, heure symbolique puisque en moyenne suisse les femmes ne sont plus payées à partir de ce moment-là.

L’ampleur de cette mobilisation, qui a culminé en fin de journée dans de gigantesques manifestations de rue à la fois gaies, colorées et bruyantes, a surpris tout le monde. Des centaines de milliers de manifestant-e-s, des jeunes filles, parfois même très jeunes, partout présentes avec leurs aînées, mères et grands-mères, mais aussi leurs frères, pères et amis. Du jamais vu. Dans plusieurs villes, la presse a cependant publié des chiffres approximatifs à la baisse. Neuchâtel ne fait pas exception. Alors que le collectif et les syndicats dénombraient 10 000 personnes vers 18h15 et près de 12 000 une demi-heure plus tard, ArcInfo dans son édition du 15 juin notait: «Le cortège, qui réunissait des manifestants venus de La Chaux-de-Fonds, du Locle ou encore de Fleurier, a attiré entre 4000 à 5000 personnes.» Une version qui ne fera pas long feu, car une chose est sûre: comme l’attestent les photos et vidéos prises sur le moment, jamais de mémoire de militant-e-s les rues de la ville de Neuchâtel n’ont vu une pareille mobilisation sociale. D’Euronews au Financial Times, en passant par le Guardian, des journaux du Zimbabwe, de Thaïlande, d’Espagne, de Pologne ou d’ailleurs, la presse s’est fait l’écho, bien au-delà de nos frontières, de cette formidable marée féministe helvétique pour l’égalité.

Le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe remercie toutes les filles, femmes et hommes solidaires qui ont participé à la grève vendredi 14 juin et confirme sa détermination à continuer sa lutte non pas contre les hommes, mais contre le patriarcat, pour l’égalité. Un premier rendez-vous est pris au 1er juillet, d’autres suivront. Les femmes, cette fois, ne lâcheront rien. Le tournant est historique.

Marianne Ebel,
Pour le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe du 14 juin, grevefeministeneuchatel@gmail.com

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