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L’avis du souverain

Jean Marzon remet en cause l’achat de nouveaux avions de combat.
Armée

Les milieux antimilitaristes sont ceux qui encouragent la Suisse à mener – grâce à sa neutralité – une poli-tique globale de la paix, comme l’énonçait déjà la proposition du Groupe pour une Suisse sans armée (GSSA). L’initiative fondatrice du mouvement a obtenu près de 36% d’avis favorables le 26 novembre 1989. La fin d’une période bénie pour la grande muette, au cours de laquelle le grand Satan était rouge, dissimulé derrière un mur infranchissable pour se préserver des capitalistes. Un front unique entre l’Est et l’Ouest; binaire, rassurant. Ceux qu’on a qualifiés alors de troublions ont réussi à distiller un doute dans les esprits qui a contribué au «grounding» de l’avion de combat proposé au vote des Suisses vingt-quatre ans plus tard.

En 2018, la gestion des conflits est devenue bien trop subtile pour en confier la gestion à des militaires, à fortiori ceux formés au crépuscule des Trente Glorieuses.
L’armée incite nos autorités à passer commande pour renouveler la flotte d’avions de combat sans consul-ter le Souverain. L’ennemi de notre majorité de droite belliqueuse semble bien ici être le civil des locali-tés qui se sent libre de réfléchir avant d’accepter une dépense de dix milliards.

Les militaires tremblent dans un cliquetis de médailles; la prochaine bataille électorale pour convaincre le peuple suisse de l’utilité d’une flotte de jets de combat pour protéger les citoyens d’une attaque terroriste impromptue s’annonce délicate.

Jean Marzon,Cheyres ( FR)

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