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Ces grands-parents qui montent au front

Actifs depuis 2014 en Suisse romande, les «Grands-Parents pour le climat» poursuivent leur engagement pour la qualité de vie de leurs descendants.
Climat

Début septembre, l’association «Grands-Parents pour le climat» (GPclimat) tenait son assemblée générale à Delémont. Depuis 2014, à l’instar de leurs homologues de France, Belgique, Norvège, Grande-Bretagne, Canada et Etats-Unis, des grands-parents romands se mobilisent pour l’avenir et la qualité de vie de leurs descendants1Le mouvement s’est organisé en Suisse romande sous l’impulsion de LaRevueDurable.. S’il y a peu de risque qu’ils vivent personnellement les conséquences les plus désastreuses du dérèglement climatiques, ils s’estiment porteurs d’une responsabilité intergénérationnelle et veulent que le monde de demain soit encore «vivable» – avec, pour leitmotiv, l’excellente formule: «Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.» Tiré de leur texte fondateur: «L’âge nous donne des droits, des places assises, des rabais, parfois même du respect. Face à l’urgence climatique, nous nous reconnaissons aussi des devoirs. Avec l’énergie [qu’ont encore de nombreux retraités], nous nous engageons en nous appuyant sur l’autorité scientifique des rapports du GIEC.» Lucidement, ils accordent un grand crédit aux rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) – dont les conclusions ne sont plus contestées que par quelques aveugles ou sourds.

L’association compte aujourd’hui quelque 400 membres, répartis en groupes régionaux qui développent des actions locales, en plus des initiatives du comité romand. Des contacts ont aussi été établis avec des groupes de Suisse alémanique.

La dernière assemblée générale, le 6 septembre à Delémont, à laquelle participaient une quarantaine de personnes, a donné une forte impression d’engagement, dans un esprit d’équipe, pour sensibiliser, faire bouger les lignes et produire des actions concrètes s’agissant du dérèglement climatique. L’association, entre autres choses, interpelle les autorités civiles, communales, cantonales, voire fédérales.

Beaucoup d’efforts ont été consentis ces derniers mois concernant la mise sur pied d’une conférence type de quelque quarante minutes, destinée à être présentée à des groupes de seniors, de jeunes retraités, mais aussi devant des audiences intéressées de toutes classes d’âge.

Une intention forte des GPclimat est de développer des activités intergénérationnelles, conjuguant les contributions des enfants, jeunes et anciens. Quelques initiatives (rencontres, pique-niques) dans ce sens ont déjà été organisées; il a été relevé cependant que cette «mixité» générationnelle n’est pas toujours aisée à obtenir. Une idée à creuser est d’approcher les entreprises organisatrices d’«anniversaires clés en main» pour les enfants, afin de les inciter à inclure un volet énergies renouvelables/climat dans leur offre.

Une réalisation originale a été présentée à Delémont: le Cyclotrain. Il s’agit d’une sorte de vélo construit avec des matériaux de récupération sur lequel sont fixés un train miniature, des ampoules et d’autres agencements, et qu’on fait fonctionner en pédalant.

A également été évoquée l’action des «Aînées pour la protection du climat», qui ont lancé une action juridique mettant en demeure la Confédération de faire plus en matière de protection du climat – au motif que les femmes de plus de 70 ans souffrent de manière disproportionnée des effets nuisibles des pollutions et du réchauffement.2Lire P. Bach, «Existe-t-il un droit à la santé?», Le Courrier du 27 mai 2017. Une délégation est allée présenter leurs demandes devant les portes du World Economic Forum, à Davos en janvier denier. Les «Ainées» collaborent avec des initiatives semblables dans plusieurs pays d’Europe, entre autres pour annuler la décision de la Norvège d’autoriser des forages pétroliers dans l’Arctique.

GPclimat est aussi en contact étroit avec l’Alliance climatique, qui regroupe au niveau suisse plus de septante organisations, active dans la lutte pour le retrait des placements (par les banques, fonds de pension, etc.) du secteur des énergies fossiles. Le directeur de l’Alliance, Christian Lüthi, a fait un exposé sur le progrès des actions entreprises. A titre personnel, les membres de GPClimat s’engagent vis-à-vis de leurs propres caisses de pension et agences bancaires pour promouvoir des placements climato-compatibles.

Plusieurs démarches doivent se concrétiser, dont l’ancrage du mouvement dans d’autres régions de Suisse romande, enrichir le site gpclimat.ch mat, l’environnement, le développement durable. Les 23 et 24 novembre, une délégation se rendra en Belgique pour une rencontre internationale de Grands-Parents.

Notes   [ + ]

1. Le mouvement s’est organisé en Suisse romande sous l’impulsion de LaRevueDurable.
2. Lire P. Bach, «Existe-t-il un droit à la santé?», Le Courrier du 27 mai 2017.

* Médecin de santé publique retraité, membre de «Grands-Parents pour le climat». Texte en version longue: www.gpclimat.ch/fr

Opinions Agora Jean Martin Climat

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