Fabiano Alborghetti est né à Milan en 1970 et vit au Tessin depuis dix ans; il travaille en tant que critique littéraire et éditeur pour différentes revues de poésie (notamment Atelier) et pour le web. Il pratique une poésie à forte teneur sociale, portée par un sens du rythme et de la scansion extrêmement sophistiqué. Pour son deuxième recueil de poèmes, L’opposta riva, il a vécu pendant plusieurs mois avec des immigrants clandestins en Italie. Registre des faibles, 43 chants (traduit en français en 2012) est inspiré d’un fait divers – une mère tue son enfant dans un village d’une province cotonneuse – et composé dans un style qui mélange les expressions courantes, voire triviales, et le plus grand raffinement formel, au service d’une dénonciation sans pitié mais sans moralisme des dérives du consumérisme contemporain.
Nous publions ici six des sept poèmes de Bois, Colombes, écrits pour accompagner l’exposition de Flavia Zanetti à la Libreria Librarti de Locarno en septembre 2013 (lire l’intégralité sur www.chlitterature.ch). Les œuvres exposées consistaient en un collage d’images tirées de faits divers, appliquées sur des rebuts de bois provenant de la coupe de troncs et de branches trouvés dans des forêts du Tessin. Les textes font alterner la voix de ces bois et celle des images, qui s’unissent dans le dernier poème.