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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Et maintenant on fait quoi?

Jean Martin s’étonne du peu de réactions en Suisse où le débat tourne autour d’adaptations éventuelles plutôt que sur des réorientations impératives.
Canicule

Sur le site français d’information Mediapart on peut lire: «Après la canicule, pas de retour au monde d’avant: le sursaut pour ne pas mourir de chaud. Depuis le 18 juin, les chaleurs extrêmes ont provoqué plusieurs milliers de morts. À neuf mois de l’élection présidentielle, c’est le moment ou jamais de faire basculer le monde politique dans la réalité de la mutation climatique».

Quelles sont les réactions dans notre pays? On s’émeut à juste titre des conditions de vie dans les EMS, en imaginant que la climatisation tous azimuts devient la priorité. Un chroniqueur néo-libéral prédit, plus généralement, que l’Europe de demain sera un espace de vie climatisé. Notre ministre de l’environnement, dont l’environnement n’est pas un souci majeur, admet que des mesures d’adaptation importantes doivent être prises.

On constate les effets graves du dérèglement, on prend conscience qu’il ne passera pas comme un mauvais rêve. Des efforts sont faits par des particuliers, des communes, des cantons; ils vont dans la bonne direction sans être encore à la hauteur du défi. Sur la scène politique et économique, l’opinion majoritaire se voit contrainte de parler d’adaptations mais n’est pas encore prête du tout à prendre le mal à la racine: élaborer des alternatives à notre modèle à base d’énergies fossiles et de «croissance pour la croissance», dénuée de critères qualitatifs.

La myopie devant l’évolution climatique n’est plus tenable mais elle s’est déplacée; elle fait maintenant ignorer les réorientations impératives pour parer à ses conséquences, chaque jour plus lourdes. Pire que préoccupant…dramatique.

Dr Jean Martin,
ancien médecin cantonal, Echandens (VD)