Alors que l’opération américano-israélienne pour faire chuter le régime iranien semble vouée à l’échec, Gaza continue de saigner. Le gouvernement israélien veut rendre impossible toute vie sur ce territoire de 365 km2 qui comptait environ 2,1 millions d’habitant·es.
Les conditions sanitaires sont catastrophiques et les maladies de la peau comme les infections gastriques se propagent. Les ordures s’amoncellent et rendent étouffante la vie sous les tentes. Dans ce contexte, les rats et les insectes prolifèrent et trouvent leur bonheur, tandis que de nombreux parents essaient de protéger, tant bien que mal, la nourriture et, surtout, leurs enfants des morsures et des piqûres douloureuses.
«Des gens ont vraiment tout perdu», regrette la journaliste palestinienne
Bisan Owda. 1>Bisan Owda est une journaliste de Gaza récompensée en 2024 pour sa chronique It’s Bisan from Gaza and I’m Still Alive. Elle a remporté un Peabody Award, un Edward R. Murrow Award et un News and Documentary Emmy Award. Le pire est que l’eau potable se fait rare. Les Gazaoui·es survivant·es essaient de faire durer l’usage de petites quantités d’eau, parfois usée, pour leurs besoins quotidiens. Certain·es ont tenté d’utiliser l’eau de mer, mais les irritations de la peau les ont vite poussé·es à abandonner. Les plus chanceux réussissent à se fabriquer un petit réchaud pour faire bouillir l’eau et éliminer les bactéries.
Et il y a encore pire… Dans ce chaos, comment se soulager? Des familles creusent des fosses profondes à distance de leurs tentes, mais la densité de la population sur une si petite portion de terre rend la chose hasardeuse. Pour les femmes, l’hygiène menstruelle est compliquée. En l’absence de serviettes ou de tampons – introuvables ou hors de prix – elles improvisent des protections en déchirant des parties de vieux vêtements.
L’intimité devient un luxe inaccessible dans ce paysage de désolation. Beaucoup de femmes redoutent la nuit, terrifiées à l’idée de devoir faire leurs besoins quand aucun éclairage n’est disponible. Marcher dans le noir total sans sécurité ressemble à un cauchemar éveillé. «Quand il y a des toilettes à peu près fonctionnelles, explique Bisan Owda, une interminable queue se forme avant l’aube. Les tentes n’ont pas de digicode et les femmes sont les premières victimes de l’insécurité.» Presque trois ans d’horreur pour les Palestinien·nes de Gaza, livré·es au bon vouloir du gouvernement israélien, un gouvernement déterminé plus que jamais à s’emparer de cette portion de territoire au nom d’une vision messianique.
Notes