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Trump a-t-il capitulé?

Avec Donald Trump aux manettes, commenter l’actualité revient à s’avancer sur des sables mouvants. KEYSTONE
Iran/Etats-Unis 

Le protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran représente-t-il une victoire pour Téhéran ou n’est-il qu’un chiffon de papier bientôt mis aux oubliettes? Avec Donald Trump aux manettes, commenter l’actualité revient à s’avancer sur des sables mouvants. Ce mémorandum, signé mercredi, a le mérite d’acter un cessez-le feu, mais il ne prévoit un véritable traité entre les parties que dans les 60 jours. Tout peut arriver d’ici là.

Le président des Etats-Unis est-il à ce point acculé par la catastrophe qu’il a lui-même déclenchée il y a trois mois en attaquant l’Iran pour accepter une défaite si retentissante? Quitte à paradoxalement annoncer son triomphe? A l’ère de la post-vérité, c’est l’image projetée qui compte. Mais ce scénario reste improbable. Non seulement Donald Trump n’a atteint aucun de ses objectifs affichés – changement de régime à Téhéran, éradication des possibilités pour l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et meilleur accès étasunien aux ressources naturelles  –, mais il a renforcé le pouvoir des Gardiens de la révolution et leur a fourni le prétexte pour prendre le contrôle d’un atout stratégique: le détroit d’Ormuz.  Si l’accord était confirmé, les hauts gradés iraniens obtiendraient de surcroît la levée des sanctions et le déblocage de tous les fonds et avoirs gelés. Ils toucheraient même des compensations financières massives.

S’il faut se garder de sous-estimer la capacité de résistance dont a fait preuve l’Iran, Donald Trump semble surtout vouloir gagner du temps et obtenir un répit face à l’étranglement de son économie, depuis la fermeture du détroit et la destruction des infrastructures énergétiques de la région. Les élections de mi-mandat approchent et il doit rassurer son électorat. «Si rien n’est conclu dans les 60 jours, ce n’est pas grave, on recommencera à bombarder», a néanmoins déclaré l’erratique milliardaire.

Dans tous les cas, pour les Iraniens, et davantage encore les Iraniennes, l’horrible guerre de Donald Trump a accéléré la descente aux enfers. Non seulement le peuple, soulevé contre ses gouvernants au début de l’année, n’a obtenu aucun soutien de l’Occident, mais il se retrouve plus isolé que jamais face à un régime oppressif renforcé. Oubliés les massacres des 8 et 9 janvier. Il doit aussi désormais vivre dans un pays dévasté, avec une économie ruinée, des deuils et des blessures à panser.

Pour le monde, l’ampleur des désastres provoqués par cette nouvelle agression impérialiste des Etats-Unis s’avère incalculable. Les pays pauvres et les classes populaires, partout dans le monde, règlent l’addition: explosion des prix du pétrole, inflation galopante, denrées alimentaires hors de prix…. La misère et la mort, plus encore qu’hier, rodent partout. Tant de raisons de plus d’en finir avec la guerre et l’impérialisme.