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«Ignazio Cassis n’est pas le bienvenu à Genève!»

Le Collectif Urgence Palestine proteste contre la venue du conseiller fédéral en charge du Département des affaires étrangères (DFAE) au dîner de gala de la Cicad, ce lundi soir à Genève.
Israël-Palestine 

Monsieur Cassis,

En Palestine et en Suisse, votre politique étrangère honteuse fait partie des problèmes, pas des solutions! Honteuse est votre négation systématique des droits humains du peuple palestinien et votre mépris du droit international, par exemple des Conventions de Genève dont la Suisse est dépositaire.

Peu de temps après votre élection au Conseil fédéral, vous attaquiez le droit au retour des Palestiniens, et l’existence de l’UNRWA, en affirmant que celle-ci est «la cause du problème et non la solution», et qu’elle «fournit les munitions pour prolonger le conflit».

De même, en 2019, vous n’avez pas apporté votre soutien à Pierre Krähenbühl, à l’époque directeur de l’UNRWA, quand il a été bassement attaqué par Israël (et d’autres).

Après octobre 2023, Philippe Lazzarini, nouveau directeur, n’a pas reçu non plus votre soutien alors que l’UNRWA est attaquée pour complicité avec le Hamas. Bien au contraire! Vous avez alors défendu la suppression de la contribution de la Suisse au budget de l’UNRWA. Heureusement, le Parlement a eu la décence d’approuver plus tard la réintroduction d’une demie subvention – 10 mio – mais «pas un sou à Gaza et en Cisjordanie»!

Puis systématiquement, depuis octobre 2023, vous avez affirmé qu’Israël a le droit de se défendre, et vous avez refusé toute dénonciation et sanction contre l’Etat israélien, génocidaire à Gaza, et coupable de nettoyage ethnique en Cisjordanie. Vous avez osez dire publiquement: «Ce n’est pas le moment de proposer les bons offices de la Suisse. Nous sommes en guerre.»

A Gaza, le DFAE, le Conseil fédéral et le Parlement n’ont pas reconnu le génocide, méprisant par là les prises de position de la Cour pénale internationale, de la Cour internationale de justice et de l’ONU.

Ils n’ont pas dénoncé les crimes de guerre commis par Israël, comme la destruction intentionnelle des systèmes de santé, d’éducation, d’approvisionnement en eau, et les déplacements forcés.

Pas dénoncé non plus l’utilisation comme arme de guerre, de l’assassinat ciblé des femmes et des enfants, de la famine, de la destruction des terres agricoles.

Pas un mot sur les kidnappings et emprisonnements de milliers de Gazaoui·es avec usage de la torture et du viol, sur le blocage de l’aide humanitaire, sur l’interdiction des activités de l’UNRWA et les destructions de ses infrastructures, sur les assassinats ciblés des journalistes palestinien·nes et l’interdiction d’entrer à Gaza des médias étrangers.

Silence total sur les ruptures incessantes du cessez-le-feu par Israël et l’annexion de 53% de la bande de Gaza.

En Cisjordanie et à Jérusalem, le DFAE, le Conseil fédéral et le Parlement n’ont pas dénoncé l’extension galopante des colonies, les attaques mortelles commises par les colons, le vol des terres, de l’eau, la destruction des récoltes et des oliveraies, la destruction quotidienne des maisons, les attaques contre les camps de réfugiés symboles de résistance, l’intensification du bouclement de toute la région, l’interdiction des activités de l’UNRWA et la destruction de ses infrastructures, notamment à Jérusalem.

Pour nous, habitants et habitantes de Genève et de la Suisse, il est urgent que notre gouvernement…

• respecte et fasse respecter le droit international, comme il s’y est engagé en signant, par exemple, les Conventions de Genève, qui protègent les civils en cas de guerre, ou les Droits de l’enfant, qui interdisent l’emprisonnement des mineur·es;

• dénonce clairement le génocide à Gaza et le nettoyage ethnique de toute la Palestine;

• exige la libération de tous et toutes les Palestinien·nes, otages dans les prisons israéliennes et dénonce la nouvelle loi israélienne qui condamne les prisonnier·ères palestinien·nes à la peine de mort;

• prenne des sanctions contre Israël, comme il le fait depuis quatre ans pour la Russie, par exemple qu’il stoppe la collaboration militaire qui soutient le génocide;

• propose au Parlement de rétablir la contribution entière à l’UNRWA, y compris en Palestine;

• exige des autorités israéliennes de laisser le CICR faire son travail, en particulier les visites aux prisonniers·ières;

• accorde de nombreux visas humanitaires aux Gazaoui·es qui demandent à la Suisse protection et soins médicaux;

• fasse pression sur Israël pour laisser entrer tous les médias à Gaza et en Cisjordanie, et que tous et toutes les journalistes soient protégé·es dans l’exercice de leur travail.

Et nous rappelons que…

• les membres des flottilles pour Gaza ne sont pas parti·es pour faire du tourisme, mais pour dénoncer le blocus;

• le droit de la mer s’applique aussi à Israël, qui doit être sanctionné pour ses violations;

• tous les Etats – dont la Suisse – doivent dénoncer les tortures et traitements dégradants infligés aux deux membres de la Global Sumud Flotilla qui viennent d’être kidnappés par Israël, et exigent leur libération immédiate (ils ont entre-temps été libérées, ndlr)

• en toutes circonstances – donc aussi pour les participant·es suisses aux flottilles vers Gaza –, la Suisse a un devoir moral de protection et d’assistance à ses ressortissant·es.

Plus globalement, nous dénonçons la politique honteuse du gouvernement suisse qui privilégie les profits de l’économie et de la finance au détriment des droits de la grande majorité des hommes et des femmes de cette planète. Rappelons que Genève est le centre névralgique du négoce international, où se concentrent des multinationales qui alimentent les guerres, aggravent les inégalités et accélèrent la destruction de la planète.

Nous le savons bien, les victimes de cette politique sont avant tout les populations du Sud. Cette même politique laisse les mains libres aux guerres de conquête impérialistes et d’extermination des populations qui résistent, et participe activement – encore une fois – au démantèlement total du droit international et du droit international humanitaire.

Dans le monde de M. Cassis, seul compte le droit du plus fort.

C’est contre toutes ces politiques – soutenues bien sûr par bien d’autres «va-t’en-guerre» que M. Cassis et le Conseil fédéral – que nous préparons la grande manifestation NOG7, pour signifier aux puissants qui organisent tous les crimes contre l’humanité perpétrés en Palestine, au Liban, en Iran, au Soudan, en RDC, au Venezuela, à Cuba,… que ce sont eux qui constituent le véritable danger pour les peuples du monde entier, la planète et la démocratie.

Préparons-nous déjà à être nombreux et nombreuses dans les rues de Genève les 13 et 14 juin, pour refuser ces logiques de guerre, l’exploitation des peuples, et de la planète.