Les candidat·es des Vert·es ont connu un mois de mars difficile – en effet, dans la plupart des communes, le nombre de conseiller·ères communaux·ales et municipaux·ales a diminué, parfois de manière très forte.
Je m’interroge: est-ce que les candidat·es Vert·es ont perdu des voix à cause de ce qu’ils et elles défendent, à savoir le climat, la biodiversité, la qualité de vie?
Les Vert·es n’ont pas inventé le climat: il existe bien indépendamment des êtres humains. Les Vert·es n’ont pas non plus inventé le dérèglement climatique: il existe bel et bien, et les humains en sont collectivement responsables. Alors, que s’est-il passé? Il est parfois plus simple de tuer le messager pour ne pas entendre le message, mais croire que de ne plus parler du dérèglement climatique va le faire disparaître comme par magie est faire preuve d’une naïveté terrifiante. On n’a jamais fait disparaître un problème en le glissant sous le tapis.
Probablement qu’un autre sujet sensible a également influencé les résultats dans certaines communes: les places de parc et les limitations de vitesse concernant le trafic automobile. Il serait peut-être temps de changer de narratif: voilà plus de septante ans que l’industrie automobile a réussi à faire croire à la société que la voiture individuelle est synonyme de liberté. Mais regardons cela d’un autre point de vue, celui de l’humain plutôt que celui de la machine. Pour la voiture on construit des parkings, des routes, des autoroutes, et chacune de ces infrastructures impliquent l’émission de tonnes de CO2 et participent de manière évidente aux problèmes d’îlots de chaleur lors des canicules. En plus la voiture prend de la place, qu’elle roule ou pas. Cette soi-disant liberté s’est transformée en esclavage dont il est difficile de se libérer.
Si ce déclin des élu·es vert·es se traduit par un recul des investissements nécessaires pour réussir la transition énergétique au niveau des communes, toute la population vaudoise en pâtira. Et le retard pris pourrait avoir des conséquences très graves.
Car les problèmes dénoncés par les Vert·es existent bel et bien. La Suisse n’est pas épargnée, car la température moyenne monte dans notre pays plus rapidement qu’ailleurs. En effet, les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Ce n’est que tous et toutes ensemble que nous arriverons à faire face à cet énorme défi et que nous pourrons laisser aux générations futures un canton où il fait bon vivre, où l’air y est respirable, et l’avenir possible.
Anne Dinkel, Prilly (VD)