Et si les absents étaient plus vivants que les vivants? Sur qui tombe la nuit est le premier roman de Marie Paule Istria. Inspiré par sa vie et né à la suite d’un atelier d’écriture, il prend forme grâce aux sollicitations de Vanessa Cafin, cofondatrice des Editions Livres Agités, qui encourage cette primo-romancière de 75 ans à écrire.
A la mort de son ex-compagnon, père de ses trois enfants, une femme se demande comment elle pourrait aider son fils et ses deux filles à surmonter leur peine. Elle décide de leur créer des albums photos. Les clichés qu’elle retrouve et les émotions qu’elle ressent elle-même à la suite de cette perte l’emmènent dans un chassé-croisé de souvenirs et de questionnements. Les évocations de son enfance, marquée par l’abandon de sa mère, s’entremêlent avec le présent et s’ouvrent à d’autres souvenirs plus tardifs, dessinant en mosaïque un parcours de femme à travers l’absence, le deuil, la maladie, la maternité et la résilience.
Au fil des pages, entre l’Algérie et la France, on retrace avec elle les moments-clés de sa vie, imprégnée de littérature et de musique et étrangement liée à la mort. A mesure que les mensonges se délient et que les secrets se lèvent, on se retrouve à vouloir comprendre autant qu’elle les raisons qui ont poussé sa mère à l’abandonner. Cette quête tient le lecteur en haleine tout le long du texte. Les récits croisés sont comme les brins d’une tresse qui, à force de s’emmêler, tissent l’image lumineuse d’une femme qui essaie de sublimer son passé, malgré les entraves qu’elle va rencontrer sur son chemin.