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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Itinéraire d’une enfant pas gâtée

Cette critique est écrite par une étudiante en Lettres de l’université de Genève, dans le cadre de l’atelier d’écriture animé par Marko Vuketic et Pierre Bellon.
Autofiction

Et si les absents étaient plus vivants que les vivants? Sur qui tombe la nuit est le premier roman de Marie Paule Istria. Inspiré par sa vie et né à la suite d’un atelier d’écriture, il prend forme grâce aux sollicitations de Vanessa Cafin, cofondatrice des Editions Livres Agités, qui encourage cette primo-romancière de 75 ans à écrire.

A la mort de son ex-compagnon, père de ses trois enfants, une femme se demande comment elle pourrait aider son fils et ses deux filles à surmonter leur peine. Elle décide de leur créer des albums photos. Les clichés qu’elle retrouve et les émotions qu’elle ressent elle-même à la suite de cette perte l’emmènent dans un chassé-croisé de souvenirs et de questionnements. Les évocations de son enfance, marquée par l’abandon de sa mère, s’entremêlent avec le présent et s’ouvrent à d’autres souvenirs plus tardifs, dessinant en mosaïque un parcours de femme à travers l’absence, le deuil, la maladie, la maternité et la résilience.

Au fil des pages, entre l’Algérie et la France, on retrace avec elle les moments-clés de sa vie, imprégnée de littérature et de musique et étrangement liée à la mort. A mesure que les mensonges se délient et que les secrets se lèvent, on se retrouve à vouloir comprendre autant qu’elle les raisons qui ont poussé sa mère à l’abandonner. Cette quête tient le lecteur en haleine tout le long du texte. Les récits croisés sont comme les brins d’une tresse qui, à force de s’emmêler, tissent l’image lumineuse d’une femme qui essaie de sublimer son passé, malgré les entraves qu’elle va rencontrer sur son chemin.

Marie Paule Istria, Sur qui tombe la nuit, Editions Livres Agités, 2026, 290 pp.