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Se faire soigner trop tard coûte cher

Dominique Hausser et Rita Schmid jugent que la taxe aux urgences hospitalières mène encore plus à une médecine à deux vitesses.
Santé

Nous sommes scandalisés. Nous sommes scandalisés par les arguments avancés lors des débats par la majorité qui a voté cette nouvelle discrimination. Cette taxe touche une fois de plus les personnes, jeunes ou vieilles, à faibles revenus. Après l’augmentation de la franchise, c’est une nouvelle mesure qui incitera surtout à renoncer à se faire soigner à temps. Et se faire soigner trop tard coûte cher en argent, en temps et en souffrance.

Vous en connaissez beaucoup, vous, qui se rendent aux urgences par plaisir. Nous, pas. Il y a toujours une souffrance, une crainte, de la peur qui pousse à
demander de l’aide et des soins.

Vous en connaissez beaucoup qui ne s’adressent pas d’abord à leur médecin de famille, s’ils ont en un. Lorsque vous appelez un service d’urgence ambulatoire, très souvent, il vous renvoie aux urgences de l’hôpital, car le problème semble un peu trop complexe pour le régler de nuit ou de week-end, ou même simplement faute de disponibilité. Et comme au poker, on nous demande de payer pour jouer, sauf que lorsqu’il s’agit de sa santé, on ne devrait pas jouer.

Comme si une personne pouvait savoir à l’avance que la douleur qu’elle ressent relèverait de la «bobologie» ne nécessitant pas de consulter.

Un exemple, assez rare certes: une femme souffre de douleurs abdominales et il s’avère après examen qu’il s’agit d’une grossesse extra-utérine, donc d’une urgence vitale absolue. C’est un problème qui survient chez une femme enceinte qui est donc exemptée de taxe. Mais si une femme ne sait pas qu’elle est enceinte et qu’elle se trouve en difficulté financière, elle risque de retarder le moment de consulter. Et si elle tarde, ne serait-ce que de quelques heures, sa vie est en jeu.

A force de croire que tout se règle à coup de transfert accru de charges sur la personne, on enterre la solidarité et on laisse de plus en plus de personnes sur le bord de la route.

Dominique Hausser et Rita Schmid,
coprésidence du PS60+ suisse