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Un monde à l’envers

Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, a présenté lundi son huitième rapport, qui pointe un «usage généralisé et systématique» de la torture par Israël. KEYSTONE
Israël-Palestine 

Un document qui fait froid dans le dos. Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, a présenté, lundi au Conseil des droits humains, et mardi en conférence de presse, son huitième rapport. Une recherche qui pointe un «usage généralisé et systématique» de la torture par Israël.

Basée sur quelque 300 témoignages, cette enquête est un sinistre énoncé d’emprisonnements (18’000 personnes arrêtées depuis 2023, dont 9000 sont encore en détention), de disparitions forcées (4000), de sévices, d’enfermements dans des conditions dégradantes et inhumaines, de maltraitances (certaines personnes ont eu leurs os délibérément brisés).

Ces pratiques génocidaires se font avec la complicité passive des Etats occidentaux. Francesca Albanese parle de «permis de torturer» délivrés à Israël.

Avec un danger: l’inaction des grandes puissances ouvre la porte à la poursuite et à la banalisation de ces pratiques absolument contraires au droit international. Notamment au Liban et en Iran. Avec le risque d’un engrenage. Une menace, in fine, pour la paix dans le monde.

Ceci alors que l’on attend encore les réponses politiques et diplomatiques les plus élémentaires, comme le rappelle l’autrice du rapport: rupture des liens économiques, militaires et financiers avec Israël, délivrance de mandats d’arrêt internationaux contre les principaux responsables de ces crimes contre l’humanité.

En attendant, c’est la messagère de ces effroyable réalités qui est, elle, victime de mesures de représailles pilotées depuis les Etats-Unis qui lui gèlent ses avoirs, bloquent son accès aux moyens de paiement électroniques et lui refusent un visa d’entrée, alors que le siège des Nations unies est à New York. Sans parler de la France et de l’Allemagne qui ont appelé à sa démission. Le monde à l’envers.

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