Dans un monde où la tyrannie exploite chaque crise pour étendre son emprise au profit des plus puissants, il n’a jamais été aussi important et urgent de se montrer solidaires des plus faibles. Résister aux autocrates qui piétinent le droit international et aux milliardaires qui contrôlent l’information est une nécessité démocratique.
Dénoncer un génocide ne revient pas à «s’allier avec l’ennemi». Toute violation du droit humanitaire international doit être condamnée fermement et sans ambiguïté, quels qu’en soient les auteurs. Telle est l’essence même de l’universalité des droits fondamentaux.
Cela exige de tenir les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour responsables et de les sanctionner. Ça implique de soutenir activement le travail de la Cour pénale internationale et de tout mettre en œuvre, au niveau national, pour boycotter les régimes criminels. Maintenir des relations com-merciales ou toute autre coopération signifie accorder aux régimes criminels un rabais sur le prix à payer et affaiblit ce système de protection universelle au détriment de tous.
A cet égard, la Suisse, gardienne des Conventions de Genève qui s’appliquent justement en temps de guerre, doit être un exemple de cohérence dans son engagement pour protéger les victimes de conflits armés et dans la construction de coalitions fortes en faveur d’une justice universelle. Toute réponse fragmentée au nom de notre neutralité, tout ménagement dicté par d’hypothétiques négociations, tout soutien à des agendas alternatifs mélangeant paix et intérêts économiques ne peuvent que fragiliser davantage le droit international, ce dernier rempart commun de notre dignité humaine à tous.
Anne Sophie Gindroz,
Indonésie, île de Lombok