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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Il faut exprimer notre indignation

Léon Meynet trace un parallèle entre la situation que vit Cuba et celle de Gaza.
Conflit

Sans doute parce qu’il n’y a pas eu de tragédie du 7 octobre, Cuba échappe à l’extermination de son peuple à l’image de Gaza. Mais la différence s’arrête là, car la phase deux de l’action américaine contre la perle caribéenne est la même que celle menée par Israël contre le Hamas: le blocus. Il y a longtemps que celui-ci est exercé, avec cependant des trous dans la raquette qui permettaient encore aux carburants d’être livrés, à l’argent des expatriés de rentrer, aux touristes de choisir cette destination paradisiaque, aux brigades médicales de voler au secours des populations au cours des crises sanitaires en Asie comme en Occident.

Dans un silence médiatique assourdissant, l’île se meurt à petit feu complètement asphyxiée par le blocage strict des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela et du Mexique. Si dans le premier cas nous savons que cette situation a été engendrée par l’opération spéciale de l’US Navy à Caracas avec l’enlèvement, au mépris de toutes les règles internationales, du couple Maduro, dans le second nous ne savons pas forcément que c’est par le brandissement de droits de douane supplémentaires sur les importations mexicaines aux Etats-Unis en cas de livraison de pétrole à Cuba que la présidente Claudia Sheinbaum a été contrainte d’accepter. Autrement dit, aujourd’hui, à part quelques fûts transportés clandestinement par des chalutiers sans grande capacité, plus une goutte de pétrole n’entre dans le pays. Ce qui a pour conséquence, en cascade, des coupures d’électricité répétitives et durables, la paralysie des transports publics d’une ville à l’autre et surtout l’annulation des vols étrangers vers la Havane ou Santiago ou des six autres aéroports, car il est devenu impossible pour Cuba de garantir aux compagnies le plein de kérosène nécessaire au retour de leurs avions. L’île est par conséquent coupée du monde comme Gaza l’a été et l’est pendant et après les bombardements. Cette situation engendre progressivement de graves dégradations alimentaires et sanitaires contraire au droit international.

Depuis 1959, l’Amérique n’a jamais digéré la pilule de la révolution castriste qui a eu raison de Battista, président de l’île de la mafia. Toutes les tentatives armées antérieures ayant été des échecs, Trump et sa clique ont décidé une fois pour toute, avec des armes de guerre interdites, de mettre un terme à cet impudent régime révolutionnaire par l’étranglement de sa population. Quand bien même Cuba soit soutenu par 190 pays des Nations Unies et que seuls les Etats-Unis et Israël bloquent tout issue salutaire en faisant usage de leur droit de veto. La boucle est ainsi bouclée et valide le présent propos où ce sont toujours les mêmes états sans foi, ni loi qui oppressent, qui tuent et qui utilisent la force sous toutes ses formes pour faire plier ceux dont le dessein est contraire au leur. Il est temps d’exprimer sans retenue notre indignation face à ces arrogances, ces crimes et ces abus de pouvoir.

Léon Meynet,
Chêne-Bougeries (GE)