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SSR: une digue a résisté

KEYSTONE / IMAGE D'ILLUSTRATION
Votation fédérale

Pour l’heure, l’ambiance est au soulagement. L’initiative visant à étrangler la SSR en réduisant la redevance à 200 francs par an a été refusée ce dimanche par 62% des votant·es. Un résultat clair, même s’il signifie tout de même un recul de 10 points par rapport à l’initiative dite No Billag rejetée en 2015 par 72% des suffrages.

Ce vote traduit sans doute – il faudra attendre les analyse VOX réalisées au sortir des urnes pour être fixé – un attachement à un service public sinon de qualité, du moins pas réduit à une information croupion et centralisée à Zurich. C’est une bonne nouvelle.

Mais cela ne doit pas cacher le fait que le rejet dans les urnes lance maintenant le contre-projet indirect qui lui a été opposé par le Conseil fédéral avec une redevance à 300 francs. Cela signifie la suppression de 900 emplois sur quelque 5800 (équivalent plein temps, soit 7130 personnes concernées) que compte la SSR, soit 15% des effectifs, et quelque 270 millions de francs d’économies à venir dans les prochaines années. Il faudra faire avec moins, cela se ressentira dans les programmes. Davantage de mutualisation avec la maison-mère alémanique, notamment dans le domaine du sport, désengagement de certains domaines culturels ou d’information, on parle de réforme de la matinale de la radio, etc.

Cela laisse penser que le conseiller fédéral Albert Roesti a agi avec une rouerie certaine. Comme député udéciste, il était à l’origine de l’initiative; comme conseiller fédéral, il a fait passer un contre-projet qui intègre tout de même un sérieux train d’économies. Au vu de la majorité de non, on aurait peut-être pu s’épargner cette cure d’austérité.

Cette attaque contre la SSR est aussi une attaque contre les médias au sens large. Ne nous y trompons pas. Elle n’est d’ailleurs pas réservée à la Suisse. Le paysage dévasté en la matière en France ou aux Etats-Unis est là pour nous le rappeler: les journaux sont exsangues, rachetés par des oligarques qui dictent leur contenu. Les chaînes deviennent des proies. Le tout au détriment du droit de savoir, un des fondements de la démocratie. De grandes manœuvres sont en cours pour implémenter de nouvelles idéologies, des rapports de production encore plus défavorables aux travailleuses et aux travailleurs et pour détruire les espaces politiques  de résistance.

Il est plus que jamais nécessaire de ne pas céder à ces sirènes populistes dont on voit les ravages qu’elles causent et les dangers qu’elles font courir aux institutions démocratiques. Ce sont nos libertés qui sont attaquées, nos conditions de vies, nos droits politiques. Une digue a résisté ce week-end mais tout le combat reste à venir pour que la question des médias soit un tant soit peu sérieusement inscrite dans les agendas politiques.

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