Encore. En janvier, des centaines d’exilé·es ont déjà péri dans le cimetière Méditerranée, a annoncé lundi l’Organisation internationale des migrations (OIM).
Selon l’OIM, les naufrages de trois bateaux transportant des migrant·es lui ont été rapportés au cours des derniers jours. Mais l’organisation enquête en parallèle sur la disparition de neuf autres navires, entre le 14 et le 21 janvier. A leur bord, au moins 380 personnes.
Toutes ces embarcations étaient parties des côtes tunisienne et libyenne. Deux Etats où les maltraitances, la répression, la torture voire le meurtre pur et simple de migrant·es sont largement documentés par les organisations de défense des droits humains. Ce qui n’empêche pas l’Union européenne (UE) de financer massivement leurs gouvernements, chargés d’empêcher les exilé·es fuyant la guerre, l’oppression ou la misère de rejoindre le Vieux Continent.
Depuis 2014, plus de 33’000 migrant·es ont été déclaré·es mort·es ou disparu·es en Méditerranée centrale. Ce décompte en fait la route migratoire la plus mortelle au monde. Les causes du phénomène sont connues: absence de routes sûres, criminalisation des exilé·es et entraves systématiques à l’action des ONG qui tentent de leur prêter secours. Autant de conséquences des politiques répressives inspirées par la droite et l’extrême droite, désormais appliquées aussi par des gouvernements de gauche – pensons à Keith Starmer au Royaume-Uni, ou Mette Frederiksen au Danemark.
Loin d’infléchir ces pratiques meurtrières, les Etats de l’UE continuent à serrer la vis. En décembre, une alliance entre partis de droite et d’extrême droite au Parlement européen a permis l’approbation d’une loi favorisant l’expulsion des demandeur·ses d’asile vers des pays avec lesquels ils ou elles n’ont aucun lien, mais qui sont considérés comme «sûrs». Dans la liste, on trouve notamment la Tunisie, le Kosovo, la Colombie, l’Inde, le Bangladesh ou encore la Colombie.
Etat avant-gardiste en matière de restrictions aux exilé·s, la Suisse ne se distingue guère de ses voisins européens. Lundi, le Secrétariat d’Etat aux migrations, dirigé par le socialiste Beat Jans, a annoncé une baisse des demandes d’asile en 2025. Dans sa communication, l’office n’a pas évoqué l’envers de ces chiffres «réjouissants»: les milliers de mort·es qui s’accumulent aux frontières de la forteresse Europe. Mais où sont les voix, à Berne, pour dénoncer ce scandale?