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Conseil de guerre

Donald Trump à Davos. KEYSTONE
International

La nouvelle devrait déciller jusqu’aux plus crédules. Mercredi, Benjamin Netanyahou a indiqué qu’il participerait au «conseil de la paix» mis sur pied par son ami et fournisseur d’armes, Donald Trump. Le principal responsable du génocide à Gaza, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale, sera chargé de co-superviser le «processus de paix». Cette annonce écœurante confirme la nature coloniale du plan dicté par le président étasunien, qui n’a jamais mis fin au martyre de la population gazaouie: depuis l’entrée en vigueur du «cessez-le-feu», le 10 octobre dernier, l’armée israélienne a tué au moins 466 personnes dans l’enclave – dont une centaine d’enfants selon l’Unicef. Elle contrôle désormais 60% de la bande de Gaza.

Galvanisé par son agression militaire contre le Venezuela, Donald Trump voit plus grand. Il présente son «conseil de la paix», lancé jeudi à Davos, comme un substitut à l’ONU, qu’il entend diriger en s’appuyant sur sa garde rapprochée: le secrétaire d’Etat Marco Rubio, qui a piloté le kidnapping de Nicolas Maduro et rêve d’attaquer Cuba; son émissaire spécial au Proche-Orient, le spéculateur immobilier Steve Witkoff; son gendre, le milliardaire Jared Kushner, à la tête du fonds d’investissement Affinity Partner, qui a acquis 10% du géant israélien de l’assurance Phoenix depuis juillet 2024. Sans oublier l’ex-premier ministre britannique Tony Blair, rompu au rôle du caniche depuis qu’il a soutenu l’invasion de l’Irak par George W. Bush, en 2003. Une vingtaine d’Etats, pour la plupart dirigés par des autocrates, du Hongrois Viktor Orban à l’Egyptien Abdel Fattah al-Sissi en passant par le prince saoudien Mohammed ben Salmane, ont annoncé leur participation. Javier Milei, le président argentin à la tronçonneuse, sera aussi de la partie.

D’aucuns dénoncent, à juste titre, un monde orwellien dans lequel les fauteurs de guerre se transforment en colombes; d’autres moquent «l’ego trip» d’un président autoritaire et narcissique. Les enjeux du très mal-nommé «conseil de la paix» vont cependant au-delà. En rompant avec le droit international et ses institutions, le nouveau shérif du capitalisme mondial et sa clique veulent imposer leur tutelle impériale sur l’ensemble du globe – tout en se servant au passage. Depuis son premier mandat, Donald Trump et ses proches auraient engrangé 3,4 milliards de dollars grâce à des transactions rendues possibles par leur position de pouvoir1>NZZ, 21 janvier 2026.

Pour atteindre leurs objectifs, ils n’hésiteront pas à mobiliser encore plus leur gigantesque appareil militaire. Les résistances devront être à la hauteur des menaces.

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