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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Une cause indirecte

Jean-Luc Crisinel remet en question les volumes sonores élevés de certains lieux publics.
Drame

Après la vague de stupeur et d’émotion suscitée par le drame de Crans-Montana, après la vague de solidarité (dont il faut espérer qu’elle se prolongera, les grands brûlés en auront encore besoin), vient le temps de la réflexion, de la recherche des responsabilités, qui ne doit pas d’abord servir à désigner des coupables, mais à éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Une cause potentielle qui risque d’être oubliée (un coupable qui risque de passer entre les gouttes!): la course aux décibels.

On augmente constamment la puissance des sonos parce que, dit-on, les jeunes aiment cela. Je me demande parfois s’ils aiment cela de la même manière que vous (et moi!) aimons que notre supermarché modifie «à la demande des clients» la répartition des marchandises sur ses rayons, nous obligeant à de contrariantes recherches.

C’est le niveau sonore qui, pour éviter des ennuis avec le voisinage, incite à confiner ceux qui écoutent (ou subissent) cette musique dans un sous-sol, plutôt que de plain-pied, qui impose parfois la pose d’un matériau insonorisant… et qui pousse même certains auditeurs à protéger leurs oreilles.

J’appelle de mes vœux une limitation de la puissance des installations de sonorisation (en fonction du volume des locaux) ou, si une telle réglementation existe déjà, une reconsidération des valeurs limites, dans le but de protéger non seulement le voisinage, mais aussi ceux qui sont directement exposés, notamment pour éviter le confinement d’un nombre important de personnes dans des locaux qu’il est souvent difficile de quitter rapidement.

Jean-Luc Crisinel,
Lutry (VD)