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Les intérêts priment

Rayane Ben Amor se demande ce que diront les manuels d’histoire dans vingt ans sur le génocide des Gazaouis.
Conflit

Le cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre 2025, mais l’horreur a continué. Environ 410 Palestiniens ont été tués depuis cet accord voulu par les Etats-Unis qui ont prévu de piloter par un comité la reconstruction de Gaza. Trois mois après le cessez-le-feu, plus de 1100 blessés supplémentaires sont à dénombrer. Le cessez-le-feu a détourné l’attention internationale loin de cette enclave, où 71 271 personnes ont perdu la vie selon les chiffres du Ministère palestinien de la santé. Sans compter tous les orphelins et les polytraumatisés.

Le gouvernement israélien a eu carte blanche pour pilonner la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023 sans qu’aucun gouvernement ne s’interpose frontalement. Des condamnations ont bel et bien été exprimées. Mais, béni par les Etats-Unis, l’Etat d’Israël a mené ses opérations avec un matériel sophistiqué sans épargner les civils. Hôpitaux, écoles, femmes et enfants, tout a été réduit en fumée par des soldats rageux venus des quatre coins du monde pour annihiler cette petite portion de territoire que les suprémacistes messianiques de l’Etat d’Israël revendiquent de droit. A la frontière, l’aide internationale a été bloquée. Quand, enfin, des camions ont pu pénétrer au compte-gouttes dans la bande de Gaza en ruine, des hordes d’affamés se sont naturellement précipités pour accéder à la nourriture. Des soldats «chargés de la sécurité» ont tirés dans la foule.

Le sommet des 20 pays à Bogota, en juillet 2025, pour adopter des mesures concrètes contre Israël, ne l’a pas stoppé. La Suisse n’a jamais frappé du poing sur la table pour dire «ça suffit». Elle n’a gelé les comptes d’aucun Israélien comme elle l’a fait pour les «méchants» Russes. Genève, qui abrite tant d’institutions mondiales, s’est à peine émue du drame filmé en direct sur les réseaux sociaux. Malgré les manifestations populaires à travers toute la planète, les Palestiniens n’ont connu aucun répit.

En conclusion, le droit international a toujours été un paravent pour masquer que c’est la puissance matérielle et les intérêts qui priment sur la scène mondiale. Et la démocratie, si chère à l’Occident, n’a pas pu prévenir ni stopper les actions meurtrières du premier ministre Benjamin Netanyahou, malgré un large mouvement citoyen.

Rayane Ben Amor,
Lausanne