Quand sortirons-nous de cette servitude? Quand cesserons-nous de nous coucher devant Monsieur Trump? De le redouter? D’en être fascinés? De l’aduler? De le détester? De relayer chacun de ses propos?
Ce phénomène n’est pas nouveau: un vil escroc d’une médiocrité affligeante parvenant au pouvoir en enfumant le monde entier. Il suffit de lire les reportages édifiants de Joseph Kessel en Allemagne en 1932 parus dans Le Matin. Ce dernier explique l’hystérie des foules provoquée par Hitler: «Cet homme est si infatué de lui-même qu’il arrive à emmener tout un pays dans sa croyance».
Monsieur Trump croit être un génie et nous le lui laissons croire. Son pouvoir est de notre responsabilité. Comment ne pas plier? Aux dirigeants de refuser son chantage mafieux: je te protège si tu me donnes et fais ce que je veux. Aux médias de ne pas faire son jeu en relatant ses vitupérations quotidiennes. Cet individu n’existe plus si nous l’ignorons. Si nous ne portons plus crédit à son autosuffisance, à son amour immodéré de lui-même. Cela vaudrait peut-être la peine d’essayer. Une journée, une semaine sans Trump. Qu’il retourne là où est sa place : dans une salle de jeux pleine d’or. Le silence pourrait être un moyen de se protéger de sa malfaisance. Cela vaut peut-être la peine d’essayer. Nous n’avons pas grand-chose à perdre.
Selena Ribeaud,
Genève