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Vent de fascisme sur Davos

Manifestation contre le WEF et la venue de Donald Trump en Suisse, ce lundi à Zurich. KEYSTONE
WEF

Le bal annuel des puissants s’est ouvert ce lundi à Davos, sous la houlette de deux milliardaires: Larry Fink, PDG de BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde; et André Hoffmann, vice-président de la multinationale helvétique Roche. Ces dirigeants ad interim du Forum économique mondial (WEF) représentent à merveille les 3000 super-riches qui, selon Oxfam, détiennent aujourd’hui 18’300 milliards de dollars. Un patrimoine inouï accumulé au prix de la destruction de la planète et de l’appauvrissement de larges pans de sa population.

Un membre éminent de ce club de milliardaires entend «faire une démonstration de toute-puissance»1>Le Monde, 19 janvier 2026. dans la station grisonne: Donald Trump. Au cours de la première année de son second mandat, le président étasunien a imposé sa patte: celle d’un impérialisme prédateur et guerrier. L’Oncle Sam a ainsi armé et financé le génocide à Gaza – son complice Isaac Herzog, le président d’Israël, sera de la partie à Davos –, attaqué le Venezuela et kidnappé Nicolas Maduro et son épouse, bombardé tous azimuts au Yémen, en Syrie et au Nigeria, menacé d’un sort semblable la Colombie et le Mexique. Et, désormais, il affiche son intention d’envahir le Groenland.

Sur le plan intérieur, l’administration étasunienne s’est caractérisée par une «escalade des pratiques autoritaires» visant à détruire systématiquement les «piliers d’une société libre», dénonce Amnesty International. Une politique d’inspiration fasciste incarnée par les milices d’ICE et leurs cadres suprémacistes, qui terrorisent l’Etat du Minnesota.

Face au projet réactionnaire de Trump – et de ses alter ego en Europe et en Amérique latine, avides de pouvoir –, «le temps de la résistance est venu» écrit le quotidien Le Monde, pourtant très centriste2>Idem.. Cela n’a pas été le chemin privilégié jusqu’ici par les dirigeant·es réuni·es à Davos, qui ont rivalisé de courbettes devant le chef d’Etat étasunien durant une année. Pour les classes dominantes, en effet, la priorité est de combattre la colère sociale qui s’exprime contre les effets dévastateurs de quatre décennies de néolibéralisme. Quitte à pactiser avec l’extrême droite.

Cette lâcheté est partagée par le Conseil fédéral, dont les représentant·es auront une priorité à Davos: câliner le président étasunien pour défendre les intérêts des multinationales helvétiques, notamment sur le dossier des taxes douanières. Les conventions internationales et les droits fondamentaux passent ainsi à la trappe, y compris sur le plan intérieur: financés par les contribuables, des milliers de policiers et de soldats sont sur le pied de guerre, prêts à réprimer toute velléité de contestation de l’ordre néofasciste en voie de constitution. Triste Suisse.

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