Skip to content

Le Courrier L'essentiel, autrement

Je m'abonne

Vivre léger

Léon Meynet invite à se libérer des contraintes du numérique et à reprendre sa vie en main.
Technologie

Il faut bien l’imaginer. Vivre léger, débarrassé de toutes les attaches contraignantes qui s’appellent smartphones, télévisions, tablettes, ordinateurs, réseaux asociaux. Ne pas pouvoir être joint, ne pas être dévoré par les images et les sons, ne pas être dominé par les messageries, par les applications avec leurs tendances et leurs marchés. Sortir la tête légère, le nez au vent, le regard absorbé par l’horizon fuyant.

Gébé n’avait pas tout à fait tort lorsqu’il nous invitait à faire un pas de côté en l’An 01. C’était en 1973, il n’y avait alors pas l’once d’une technologie dominante. Le temps où la lecture primait sur l’image. Aujourd’hui, temps où les valeurs sont inversées, le pas de côté serait d’oublier l’existence de son smartphone. Lui avez-vous demandé d’être intelligent, tout comme à votre ordinateur de corriger de manière raffinée les erreurs de vos textes, voir de vos formules avec l’aide de l’IA? Lui avez-vous demandé de vous fournir pléthore d’applications, de jeux, de séries, de liens, de gadgets? Un pas de côté est: vous n’êtes plus à sa portée. Un pas de côté est: vous n’êtes plus en face de vos écrans. Un pas de côté est: vous n’êtes plus devant la porte de votre magasin préféré.

Oui, nous avons besoin de faire ce pas de côté pour ne plus être, en 2026, les esclaves des images et des sons, les esclaves des réseaux, les esclaves des technologies et de l’IA. Un pas de côté et vous avez devant vos yeux un magnifique champ en pleine floraison. Un pas de côté et vous êtes face à un paysage de moyenne montagne avec ses lisières d’épineux qui la démarquent. Un pas de côté et vous vous éloignez de votre véhicule pour flâner au hasard. Un pas de côté et vous n’êtes plus en phase avec les fixations de vos skis et vous choisissez de déambuler dans la neige.

Oui, ces pas de côté symboliques sont plus que nécessaires. Sortir la tête de ce sac et voir, entendre, goûter, percevoir l’infinie délicatesse du mouvement de l’air et de ses nuages, du chant des oiseaux, du frémissement des pousses printanières, de l’errance non programmée. Reprendre sa vie en main quoi. Un beau projet pour 2026 et les années suivantes. Merci Gébé.

Léon Meynet,
Chêne-Bourg (GE)