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Le Courrier L'essentiel, autrement

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Absolument citoyen·nes

Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, lors de leur transfert au tribunal fédéral de New York pour leur comparution, le 5 janvier 2026. KEYSTONE
Agenda politique

Quel rapport entre la tragédie de Crans-Montana et l’enlèvement de l’ex-président vénézuélien Nicolas Maduro, kidnappé samedi 3 janvier par l’armée américaine lors d’une attaque nocturne à Caracas? Ces deux actualités ont dominé les premiers jours de l’an. Elles nous ont plongé·es dans un état de stupéfaction. Stupéfiant, le mépris complet par les tenanciers du bar valaisan Le Constellation des règles minimales de sécurité. Et plus l’enquête avance: stupéfiant aussi le silence coupable, les complicités locales, pour un établissement qui n’avait plus été contrôlé depuis 2019. Consternant, comme à son habitude, ce président étasunien qui bafoue toutes les règles, y compris celles du droit international. Et qui déclare depuis sa résidence privée de Mar-a-Lago, en Floride: «Dorénavant, ce sera la paix par la force! Bienvenue en 2026!» Aujourd’hui, silence et complicités lui évitent une remise à l’ordre et une condamnation unanime. Là aussi, la violence de l’événement – une opération baptisée «Absolute resolve», détermination absolue, qui a duré moins de trois heures et fait plus de cent morts – a entraîné une forme de peur générale, aussi face aux innombrables conséquences à prévoir. En bref, un enfermement de la pensée, une incapacité à se projeter de manière constructive en ce début d’année. Après le Vénézuela, à qui le tour?

A ce jeu-là, pourquoi ne pas lancer une nouvelle opération: faire enlever Donald Trump lui-même et le traduire enfin en justice. Dans certains cas – et quand il peut encore s’appliquer –, l’humour du désespoir reste une première façon de sortir de la paralysie. Un enfermement voulu par le président étasunien et ses conseillers néoconservateurs. Multiplier les déclarations fracassantes et les actions spectaculaires leur permet d’imposer une stratégie du chaos permanent. La manœuvre est tellement délibérée qu’elle a été théorisée et analysée depuis bientôt vingt ans par l’essayiste Naomi Klein, qui parle de la «stratégie du choc», avec «montée d’un capitalisme du désastre» favorisant celle de l’extrême droite. Il y a cent cinquante ans, le philosophe Nietzsche prenait aussi de la hauteur pour évoquer les pièges de l’atavisme, ce retour soudain d’idéologies et de pulsions anciennes, de régressions renvoyant au passé.

En 2026, à nous d’en sortir pour réinvestir avec raison et détermination tous les champs qui restent à notre portée citoyenne – la lutte pour le climat et contre les injustices sociales, qui nous concernent toutes et tous, et la politique nationale et locale. L’urgence est là. Et les sujets ne manquent pas, en cette semaine de rentrée parlementaire.