C’est à l’adolescence que Kayden est interpellée par un article: «Si j’ai mes règles, ça veut dire que je suis une femme?» Cette interrogation résonne avec le «Avant, j’étais un garçon» qu’elle a écrit dans ses notes intimes. Kayden, la lycéenne au prénom épicène qui occupe le devant de la scène dans Jouer le jeu, y vit à l’âge des questions. Et si l’identité de genre y occupe sa place, ce n’est pas le seul domaine qui la hante.
La romancière Fatima Daas, lauréate pour ce deuxième roman du Prix Gouincourt créé pour visibiliser la littérature lesbienne, décrit, autour de Kayden, les aléas les plus divers de lycéens en quête de soi. L’orientation professionnelle entre en jeu, avec la promesse d’intégrer Sciences Po pour Kayden, sous l’impulsion d’une prof pour laquelle elle a un crush. Il y a aussi les leçons de sport traumatisantes, la famille soudée malgré un père absent. Jouer le jeu est le roman d’une jeunesse en formation, décrite avec vivacité dans le cadre d’un lycée où on jargonne à grand renfort de «wesh» et de «j’ai trop le seum». LA LIBERTÉ