«Qu’il ne pleuve plus des clous mais de la pluie.» Quelque huit cents jours après le début de la guerre actuelle à Gaza, les éditions genevoises des Sables publient deux recueils de poèmes en soutien à ses victimes. Dans Combien de jours, combien de siècles…, Eliane Vernay, poète et fondatrice de la maison d’édition, évoque «la terre et le peuple de Gaza brûlés calcinés partout», «le feu et le sang». Son recueil est illustré de gravures d’Adriana Passini.
Pas moins de douze autrices et auteurs ont de leur côté contribué au recueil Palestine, nos voix contre le silence. L’opus est illustré par le graphiste Mohammed Guiga, professeur de design à l’université de Tunis, qui rappelle en légende de l’un de ses dessins que «les monstres tuent encore». Et qu’informer sur l’ampleur de ce conflit paraît impossible. La poésie vient donc en renfort.
L’écrivaine et traductrice vaudoise Sabine Dormond raconte les artistes gazaouis qui «ont tout perdu sauf l’élan de créer» et dessinent sur des emballages avec des pépins de grenade. Dans un texte au titre évocateur, «Terre promise», l’autrice morgienne Christine Grobéty évoque «les ruines sous les pieds» et la «blessure ouverte d’une histoire déchirée». Quant à Kurt Fidlers, il ajoute «Je suis Palestine» comme un slogan décliné en quelques strophes. Autant de voix pour résister, pour lutter contre l’oubli et apporter par l’art un soutien aux enfants d’une terre dévastée. Les bénéfices des deux recueils seront versés à Terre des Hommes, mention «enfants de Gaza».