Le Courrier

Philippe Bach, nouveau rédacteur en chef du Courrier

Philippe Bach a été élu à la rédaction en chef du journal le 7 décembre dernier lors de l’Assemblée générale de la Nouvelle association du Courrier (NAC), qui a aussi renouvelé son comité. Le Courrier présente par ailleurs ses comptes 2019.
Philippe Bach, nouveau rédacteur en chef du Courrier
Diplômé en relations internationales, fin connaisseur des institutions, Philippe Bach est aussi à l’aise sur les questions environnementales que sociales ou culturelles. JPDS
Le Courrier

Drôle d’ambiance pour une assemblée générale (AG). Cinq personnes masquées et chacune à une table. Après bien des hésitations, le comité sortant de la Nouvelle association du Courrier1La NAC est composée de 26 associations romandes, de membres cooptés, des représentants du personnel et de ceux des lecteurs (lecourrier.ch/nac). avait convoqué une AG par écrit, pandémie oblige. Les membres n’étaient donc présents qu’à travers leurs bulletins de vote, ce lundi 7 décembre. Les cinq personnes présentes étant chargées de les compter et d’en faire le procès-verbal.

Rappelons que Benito Perez et Philippe Bach ont assuré la rédaction en chef ad interim en cette année 2020 marquée par la crise mondiale du Covid-19. Mais aussi, au sein du Courrier, par des tensions entre le comité et le personnel.

Le comité sortant a ainsi annoncé sa démission pour la date de l’AG. Il faut ici remercier ces bénévoles qui, pour certains, assumaient depuis longtemps cette tâche importante, mais parfois ingrate.

A travers les bulletins de vote dépouillés lundi sont donc élus un nouveau comité et une nouvelle rédaction en chef. Celle-ci sera occupée, en solo cette fois-ci, par un journaliste bien connu de notre lectorat, puisqu’il nous gratifie de ses articles et de ses éditos sans concession depuis vingt-sept ans. Il s’agit, vous l’avez compris, de Philippe Bach (57 ans), responsable de la rubrique Suisse, après avoir été longtemps un pilier de la genevoise.

Diplômé en relations internationales, fin connaisseur des institutions, Philippe est un touche-à-tout, aussi à l’aise sur les questions environnementales que sociales ou culturelles. Il participait déjà à la corédaction en chef ad interim et avait assumé un premier mandat de 2013 à 2017 avec à l’époque une codirection à trois personnes. Toute l’équipe du journal le remercie chaleureusement de relever ce nouveau défi.

Nouveau comité

Quant au nouveau comité, il sera présidé par un revenant à ce poste, Florio Togni, dont l’expérience permettra aux autres personnes élues de se familiariser avec leurs nouvelles fonctions avant que l’une ou l’un d’entre eux ne puisse reprendre la présidence de la NAC.

Les élu-e-s sont: Mmes Sandra Bernasconi (ALC, Association de lecteurs du Courrier) et Anne Papilloud (membre individuel) ainsi que MM. Bernard Borel (E-Changer), Raphaël Jacob (AJP, Association des juristes progressistes), Luca Pattaroni (membre individuel) et Florio Togni (ALC, Association de lecteurs du Courrier). L’ensemble de l’équipe du Courrier leur souhaite à tous et toutes du plaisir dans leurs nouvelles fonctions et se réjouit de pouvoir avancer sur de nouvelles bases.

Notes   [ + ]

1. La NAC est composée de 26 associations romandes, de membres cooptés, des représentants du personnel et de ceux des lecteurs (lecourrier.ch/nac).

«Le Courrier» porté par ses lecteurs

jeudi 10 décembre 2020 Eva Fernandez

Le Courrier n’aurait pu boucler l’année 2019 sans le soutien de son lectorat. Cette affirmation n’a jamais été aussi vraie que lorsqu’on regarde les comptes. Ainsi en 2019, l’ensemble des contributions volontaires de son lectorat représente plus que l’apport de la publicité! Preuve s’il en est également de l’indépendance du titre qui n’a de comptes à rendre qu’à ses lectrices et lecteurs. Or, rendre compte c’est aussi jouer la transparence et Le Courrier publie depuis longtemps ses résultats financiers. C’est avec retard, Covid oblige, que nous vous soumettons donc notre traditionnelle présentation des comptes.

Comptes positifs grâce à un legs

Au niveau de l’exploitation, les comptes présentent un déficit, comme le prévoyait le budget. Si les dépenses sont globalement bien tenues, les recettes fluctuent fortement et restent en partie non maitrisables. Ainsi la baisse constante des recettes de publicité, bien que moins importante que pour les autres journaux, ne peut être évitée. Les abonnements quant à eux dépendent pour une partie d’éléments externes sur lesquels nous avons peu de prise. En 2019, malgré nos efforts de promotion, l’arrivée de nouveaux abonnements n’a pas compensé les pertes.

Par bonheur, un important legs, provenant d’une dame visiblement très attachée au Courrier, a renversé la situation et nous permet de présenter des comptes positifs. Notre gratitude est donc immense envers cette généreuse personne, dont nous tairons l’identité, par souci de discrétion.

L’arrivée de ce legs apporte donc un moment de répit, que nous souhaitions mettre à profit pour redéfinir une stratégie globale de notre journal. Malheureusement, la période de confinement, en 2020, n’a pas permis de débuter ces travaux.

Ce legs a également permis de prendre des décisions de «distribution» du bénéfice. Ainsi une prime unique pour le personnel a été provisionnée permettant que le legs reçu bénéficie en partie directement au personnel. Cette prime, de 1000.- par salarié, a été payée en août 2020.

De plus une réserve Souscription a été créée. Elle permettra de lisser la somme de la souscription à 300 000.- par année. Ainsi, dès à présent, la somme dépassant les 300’000.- habituels sera versée à la réserve. Celle-ci permettra de compenser le manque à gagner pour les années où cette somme de 300’000.- ne serait pas atteinte.

Détails des comptes 2019

En 2019, la vente des abonnements est la plus importante des ressources du journal, elle représente 73% des recettes avec la vente au numéro. L’apport du lectorat (souscription et legs) représente 15%. La publicité, avec les partenariats, représente près de 12% des produits, celle-ci est en baisse constante depuis plusieurs années, mais sans comparaison avec les chutes que connaissent les autres journaux. La crise liée au Covid, qui a impliqué un grand nombre d’annulation d’évènements culturels, accentuera encore cette tendance en 2020. S’il est trop tôt pour en mesurer l’impact, on peut affirmer que grâce à son modèle basé sur son lectorat, Le Courrier s’en tirera sans trop de mal.

L’information, c’est d’abord le travail nécessaire pour fabriquer et gérer le journal, cela représente 66% de l’ensemble des charges. Nous en avions parlé dans notre série d’articles de l’automne 20191 Articles parus dans les éditions des 24 octobre,
14 novembre et 6 décembre 2019.
. La part de l’impression et de la distribution représente 21%.

«Le Courrier» porté par ses lecteurs 2

Tarifs abonnements à la hausse

En 2019, et avant la réception du legs cité plus haut, des mesures avaient été envisagées pour contenir la hausse du déficit cumulé que connait le journal et qui pourrait mettre en danger l’existence même de celui-ci. La première d’entre elles était une hausse des tarifs pour 2020.

L’augmentation calculée pour apporter environ 100’000.- de plus visait également à rapprocher le prix des abonnements digitaux de ceux du papier, étant entendu que les coûts de production du journal sont essentiellement ceux engendrés par la production de l’information (des salaires donc), alors que son mode de distribution (papier ou digital) est secondaire. Or, dans les tarifs précédents, les abonnements numériques ne couvraient pas leurs coûts. Ils se basaient sur une vision aujourd’hui dépassée qui les considérait comme un sous-produit du papier. La digitalisation croissante de notre société oblige à penser autrement, puisqu’il apparaît qu’à moyen terme (quelque cinq ans) les abos digitaux pourraient égaler en nombre les abos papier. Il faudra alors, pour que les recettes du journal se maintiennent, voire progressent, que les tarifs du digital ne se distinguent du tarif papier que par la différence du coût de l’impression et de la distribution.

Ainsi, pour 2021, les tarifs des abos numériques seront à nouveau augmentés, pour combler cette différence. Les abonnements Papier restent au même tarif mais changent de nom, et se nomment désormais Intégral. Cette nouvelle dénomination permet de marquer que ce type d’abonnement inclut également l’accès au web ce, qui était occulté par le nom précédent.

Souscription

Comme chaque année, les dons de nos lecteurs via la souscription réduisent fortement le déficit d’exploitation. En 2019, la somme totale était impressionnante, plus de 325’000.-! Cela démontre le fort attachement de notre lectorat et représente une motivation pour l’équipe dans son travail quotidien et surtout en cas de coup dur, comme nous venons de le vivre avec le Covid. Ce printemps nous avons vu avec gratitude affluer des dons alors que généralement la plupart de ceux-ci se concentrent sur la fin de l’année.

évolution des abonnements

Le contrecoup de la hausse des abonnements de 2018, s’est fait lourdement sentir en 2019.
Début 2019, nous comptions 8502 abonnements contre 8312 à la fin décembre, soit une baisse de 190 unités. Cette érosion est essentiellement due aux abonnés Papier. Vraisemblablement certains abonnés avaient reporté leur décision de désabonnement à 2019, puisque ceux-ci étaient moins nombreux en 2018, année des festivités pour les 150 ans du journal.
Comme on le voit, en 2020, la courbe est repartie à la hausse, dès le début de la crise Covid-19. De nombreuses personnes se sont abonnées lors du confinement de printemps. Le besoin d’une information indépendante a visiblement eu un impact ou alors ces personnes ont pris cette décision afin de soutenir Le Courrier dans cette période difficile.

«Le Courrier» porté par ses lecteurs 1

Notes   [ + ]

1. Articles parus dans les éditions des 24 octobre,
14 novembre et 6 décembre 2019.
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