Édito

C’est le sprint solaire

C’est le sprint solaire
La centrale nucléaire de Leibstadt dans le canton d'Argovie. KEYSTONE
Energie

Une Suisse sans nucléaire et quasi-neutre en matière d’émissions de CO2 c’est possible.

Greenpeace a présenté mardi une étude1>«Sécurité d’approvisionnement et protection du climat», Greenpeace Suisse, 62 pages montrant qu’un objectif de neutralité carbone est à portée à l’horizon 2035, tout comme une sortie du nucléaire totale en 2050.

En clair: le but de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré peut tout à fait être respecté dans le cadre de la politique énergétique que devrait mener la Suisse.

Pour ce faire, Greenpeace table sur un développement volontariste du photovoltaïque. Selon les calculs des auteurs du rapport, il faudrait viser une production autochtone de 38 TWh (térawattheures) plutôt que les 17 TWh prévus par le Conseil fédéral. Plus du double. Rappelons toutefois que le potentiel suisse en la matière est évalué à plus de 100 TWh.

Avec un investissement nécessaire estimé à quelque 100 milliards de francs, d’ici à 2035, soit environ 7,6 milliards par an. Auxquels il faut ajouter un deuxième paquet de 105 milliards pour sortir du nucléaire à l’horizon 2050.

Cela peut paraître considérable mais doit être mis en rapport avec les dépenses prévues par le Conseil fédéral d’ici à 2050 et prévoyant une nécessaire modernisation de l’infrastructure énergétique pour un montant de 1400 milliards de francs!

De quoi relativiser les craintes que ces chiffres ne manqueront pas de faire naître. Et surtout une piste alternative à l’oreiller de paresse sur lequel semble s’endormir la droite politique qui est en train de vouloir relancer la filière électronucléaire en Suisse.

Ce rapport a donc le mérite de mettre en lumière ce qui relève de l’avenir et ce qui peut être qualifié d’archaïque.

Notes

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1 >«Sécurité d’approvisionnement et protection du climat», Greenpeace Suisse, 62 pages
Opinions Édito Philippe Bach Energie

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