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Se battre contre un robot

Arlette Ribaux relate sa récente mésaventure avec l’Office cantonal des véhicules.
Administration

Ça pourrait être une simple affaire de bug informatique si le bon sens existait encore à l’Office cantonal des véhicules de Genève (OCV). C’est devenu un conflit pénible et couteux.

Tout comme lors la «visite» précédente, l’heure ou le jour de la convocation ne me convenait pas. Je vais donc sur le site de l’OCV pour effectuer un changement de date et d’heure. Je valide et prends note du nouveau rendez-vous auquel je me présente très confiante.

J’attends longtemps sur la piste no 6, voyant les autres voitures prises en charge. Finalement on vient me dire que mon numéro d’immatriculation n’est pas sur la liste du jour. Etonnant.

Comme il y a des pistes où il ne se passe rien, je propose de changer de piste afin de ne pas être venue pour rien. Impossible. Il n’y a pas de créneau horaire avant le surlendemain. On ne bouscule pas le fonctionnaire, la citoyenne oui.

Je paie les 70 francs pour la visite passée le surlendemain, puis je reçois un ordre de paiement de 70 francs pour véhicule non présenté lors de la date de la convocation initiale. Evidemment, je ne l’ai pas présenté puisque j’avais effectué un changement de rendez-vous. Comme l’ordinateur de l’OCV n’a pas enregistré ce changement et que ma bonne foi ne suffit pas, cette somme reste due. Il n’y a pas de petit profit.

Je proteste et renvoie cet ordre de paiement avec un historique de la situation. Comme l’OCV semble le penser, je ne suis pas une mythomane qui a inventé un nouveau rendez-vous. Mais le robot est plus fort que l’humain, supposément, d’une infaillibilité quasi papale. Bug informatique impossible, c’est donc moi qui mens.

L’OCV me répond que la somme reste due selon X articles de loi indigestes. Je ne reçois pas de nouveau bulletin de versement sous ce pli. Je suppose qu’il arrivera par courrier séparé, mais je ne reçois rien.

On est au cœur de l’été, j’oublie un peu ces tracasseries administratives jusqu’à ce qu’un bulletin de versement majoré de 10 francs pour retard de paiement tombe dans ma boîte aux lettres.

Je proteste à nouveau et renvoie ce bulletin de 80 francs. Après être victime d’un bug informatique, je devrais payer pour l’incurie de la personne qui a signé le courrier sans se rendre compte que, sans bulletin de versement, j’étais dans l’impossibilité de payer? Par impolitesse ou par mépris l’OCV n’accuse pas réception de ce dernier courrier, mais passe à l’intimidation et à la menace. Le nouveau bulletin de versement que je reçois est de 180 francs, soit 70 francs pour véhicule non présenté, 10 francs pour frais de rappel et 100 francs pour décision de retrait de permis de circulation. Rien que ça.

Je ne voulais pas de procédure administrative pensant que le bon sens allait avoir le dernier mot. Que nenni! Dépitée, usée, fâchée, je passe donc mon dossier complet au Tribunal administratif de première instance.

Ce dernier, avant même de me dire si j’avais une chance de ne pas perdre face à l’OCV, me demande un versement de 500 francs. Je n’ai pas les moyens de perdre cette somme de plus qui peut être majorée suivant la procédure. Je transmets alors mon dossier à mon assurance juridique.

L’assureur trouve les procédés de l’OCV un peu rudes, constitués de lettres types crachées par leur robot. Il propose de me verser le montant de 180 francs afin que je puisse me sortir de ce pétrin, car engager une procédure qui pourrait être longue et coûteuse ne lui paraît pas judicieux.

Je ne perdrai donc pas un centime dans cette affaire, mais l’OCV gagne le droit de continuer à se cacher derrière son robot «infaillible», à intimider et à menacer sans être dérangé Tout ça me laisse un goût amer.

Revenons au slogan déjà ancien: «un coup de fil c’est si facile». Au moins on a une vraie personne à qui parler.

Arlette Ribaux, Genève

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