Lecteurs

Place aux jeunes

Noémie Beer transmet une réflexion sur la situation actuelle.
Pandémie

Nos regards détournés par des questions de sécurité, d’économie et de vaccins, nous vivons la crise comme un épisode de nos vies mis entre parenthèses, une étape à vite traverser les yeux fermés. Pourtant, quel risque courons-nous à les ouvrir pour découvrir, au-delà de cette impuissance que nous peinons tant à reconnaître, toutes les choses à côté desquelles nous passons en espérant les reprendre plus tard? On s’inquiète ces jours-ci de ce qu’il ne faut plus faire plus que de ce qu’il faut faire. Protéger les plus faibles. Oui mais quels sont-ils? S’agit-il uniquement d’une question physiologique? Faut-il nous protéger de la mort ou de la vie?

Depuis bientôt un an, l’enseignement et la culture sont mis en veilleuse si ce n’est entièrement, du moins partiellement. Dans les classes, le masque agit comme un bâillon dissimulant le sourire, rendant plus difficile la communication, ne la réservant parfois même qu’à celui ou celle qui est en pleine possession de son ouïe et de la langue avec laquelle il communique. Apprendre une langue étrangère, suivre une dictée, un cours magistral, apprendre à lire deviendraient donc des critères secondaires pour l’avenir des enfants et de la jeunesse. N’y pensons pas trop, on verra plus tard. Les portes des musées, des théâtres et des cinémas sont verrouillées. Vont-elles sortir de leurs gonds ou grincer tout à coup qu’il n’y a plus assez de créativité pour se faire entendre à nouveau? La pensée n’est plus qu’un luxe, la rencontre, une promesse de l’au-delà. Ce qu’il faut c’est obéir, se conformer et surtout, surtout, rester chez soi… quand on en a un.

Pas plus que vous, je ne sais ce qu’il faut faire. J’observe qu’au milieu de la crise, les restrictions s’intensifient. A côté de cela, des enfants et des jeunes continuent d’apprendre et de se former. Je salue leur énergie et supplie les autorités de remettre dans la balance le présent et l’avenir, plutôt que la peur,

Noémie Beer,
Carouge (GE)

Opinions Lecteurs Pandémie

Connexion