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Du détournement de l’attention

Marina Decarro donne sa position sur l’initiative antiburqa.
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Les religions n’ont jamais été amies des femmes et des nombreux exemples historiques et actuels le prouvent. La plupart des Eglises sont contre le droit à l’avortement, par exemple. Lorsque les institutions religieuses ont eu le pouvoir, elles ont tout fait pour contrôler tous les aspects de la vie de la population et en particulier la vie et le corps des femmes. Pas de naïveté, tous les extrémismes religieux sont dangereux.

Quoi qu’elle prétende, l’initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage» soumise au vote le 7 mars ne résout aucun problème et ne protège aucune femme. Elle vise à attirer l’attention sur un faux problème, en attisant les passions, la xénophobie et le racisme. Cette initiative détourne le débat public des vrais et graves défis auxquels notre société est confrontée tels que l’injustice sociale criante qui permet à une petite minorité d’accumuler des milliards alors qu’un nombre croissant de personnes vivent dans l’angoisse du lendemain, la dégradation de l’environnement, la perte de la biodiversité et la catastrophe climatique et tant d’autres, auxquels il est urgent de trouver de vraies réponses.

Ce sont ces sujets qui devraient faire l’objet de débats, de projets concrets et de réalisations, car il s’agit de questions de survie, du bien-être de la population et de l’avenir des générations futures. Il est absurde de s’échauffer pour quelques visages dissimulés alors que depuis près d’un an nous sommes toutes et tous masqué·e·s.
Voilà pourquoi, en tant que féministe, femme de gauche, partisane d’une société radicalement différente, je ne tomberai pas dans le panneau et je voterai non à l’initiative antiburka.

Marina Decarro,
Genève

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