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Un accord diabolique

Christina Meissner fait part de son malaise face à l’accord de libre-échange avec l’Indonésie qui sera soumis au vote le 7 mars.
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L’huile de palme menace la biodiversité car ses plantations se font au détriment des forêts tropicales et de la faune sauvage qui s’y trouve. Ce sont des conglomérats qui tiennent le marché et non le petit paysan du coin, les conditions de travail sont loin d’être exemplaires. A cela, ajoutez que rendre cette huile encore meilleur marché par la suppression des droits de douane impacterait nos huiles locales de colza ou de tournesol et donc notre agriculture alors qu’elle est moins bonne pour la santé. Le cocktail de l’accord avec l’Indonésie avait tout pour déplaire et fut donc âprement combattu par tous les milieux favorables à un développement durable.

La bataille ne fut pas vaine, à tel point que l’accord proposé aujourd’hui est véritablement le premier qui tienne compte des conditions de production durable et pas seulement du coût des marchandises.

En imposant des conditions sociales et environnementales, le Conseil fédéral répond aux vœux de tous ceux qui durant des années l’ont réclamé. Mais le diable se cache toujours dans les détails. Comment seront effectués les contrôles, quelles seront les sanctions? De cela, l’accord de dit rien.

Seule la mise en œuvre permettra de vérifier si nous avions raison ou pas de faire confiance au libre-échange «avec cautèles».

Coincés dans la tartine entre le nutella et l’orang-outan, les milieux de protection de l’environnement, des travailleurs, des agriculteurs et des consommateurs sont tous mal à l’aise et se taisent face à cet accord pionnier, mais sans garantie avec l’Indonésie.

Le citoyen, appelé à voter le 7 mars, se retrouvera ainsi bien seul pour ­décider qui, du oui ou du non à cet ­accord diabolique, sera porteur de ­rédemption.

Christina Meissner,
Genève

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