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Acharnement?

Eddie Lacombe s’insurge contre les sanctions toujours plus nombreuses dont les chômeurs font l’objet à Genève.
Chômage

Manuela Cattani nous éclaire sur les méthodes peu bienveillantes de l’OCE (Office cantonal de l’emploi) à l’égard des chômeurs genevois (journal du SIT de décembre 2020) Il s’agit de la scandaleuse somme de 80 millions de francs encaissés par l’OCE, à l’origine le chiffre édifiant de 36 575 sanctions imposées aux chômeurs entre 2012 et 2019.

S’agit-il d’une mauvaise plaisanterie? Mais pas du tout! Ces chiffres sont bien officiels, car punir les chômeurs ça rapporte gros! Les chômeurs l’auraient-ils bien mérité? Pour l’OCE cela semble certain. Ne devraient-ils pas être capables de trouver un emploi tant sont nombreuses les opportunités qui s’offrent à eux. Pour les chômeurs jugés (arbitrairement) fautifs, vient le moment de la fessée.

Peut-on recourir contre une sanction? Pour l’OCE, seul son règlement compte, du moins la manière dont il l’interprète, puisque face au recours (non suspensif) du chômeur, l’OCE devient juge et parti pour souvent le rejeter. Avec une pénalité qui le prive de ses indemnités, le risque est grand de précipiter le chômeur dans une plus grande précarité (avec un risque de mise aux poursuites) et fragiliser son mental qui oscillera entre colère à la détresse.

La pratique infantilisante de la pénalité conduit à une évidence: punir le chômeur s’avère contre-productif! En ces temps de crise sanitaire, quel sens y a-t-il à s’acharner sur les chômeurs? Quelle est cette aberration qui exige de nombreuses recherches d’emploi en sachant pertinemment que le marché de l’emploi s’effondre. Dans de nombreuses professions, il est même déjà saturé. Tout ceci s’apparente à une forme de détournement de fonds. Il est juste de rappeler que cet argent revient en toute légitimité aux chômeurs qui ont cotisé à l’assurance-chômage quand ils étaient en emploi.

Nous en appelons au Conseil d’Etat pour qu’il fasse cesser immédiatement ces pratiques nuisibles. Le Grand Conseil se doit d’investiguer sur les mécanismes de cette pratique malveillante des sanctions qui a été instaurée à l’OCE. Ces méthodes Surveiller et Punir sont caduques et dignes d’un autre âge. Elles n’ont pas réduit le chômage de longue durée, pire, il n’a fait que progresser (un chômeur de 50+ sur deux ne retrouve pas d’emploi).

Apaisement, confiance, soutien sont les véritables outils nécessaires à ces femmes et ces hommes dans leur recherche d’un travail, et non la violence des sanctions!

Eddie Lacombe, ancien président de l’ADC (Association de défense des chômeurs Genève),
Chêne-Bougeries (GE)

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