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DEUX POIDS ET DEUX MESURES

Initiative

Arlette Ribaux s’adresse à la conseillère fédérale Karin Keller-Suter au sujet de la votation sur les multinationales responsables. J’espère que les enfants n’apprendront jamais comment vous avez fait capoter la votation «pour des multinationales responsables» car ils sauraient que le mensonge paie et que la manipulation de l’information aussi. Quel exemple lamentable vous donnez! Je ne sais plus qui a dit «il suffit de répéter assez souvent un mensonge pour qu’il devienne une vérité». Ce faisant, vous avez berné la moitié des votants. Connaissez-vous le principe éthique qui dit «le plus grand bien pour le plus grand nombre»? Certainement pas, ou bien vous l’avez oublié car vous avez prêché pour le «plus grand bien pour le plus petit nombre», soit pour les multinationales voyous qui se moquent d’envoyer dans les pays pauvres des produits qui sont interdits de longues dates en Europe, celles qui utilisent le travail des enfants les privant de leur enfance, celles qui délogent brutalement les campesinos pour étendre leur surface d’exploitation, celles qui exploitent sans honte des mines qui ruinent la santé des riverains. Un autre principe éthique dit: «d’abord ne pas nuire». Ce principe concerne les personnes vulnérables, pas les magnats des multinationales. Il est clair qu’avec le refus de l’initiative, ils ne vont pas nuire à leurs bénéfices ni à ceux de leurs actionnaires, quoique ces nantis n’auraient pas perdu grandchose, peut-être un peu de leur superflu au profit d’une vie un peu meilleure ailleurs. Bie n que vou s p r é t e nd ie z le contraire, votre contre-projet est fait pour ne rien changer, les requins pourront continuer à se comporter en requins et ils pourront faire leur évaluation eux-mêmes. J’ai connu pas mal d’élèves qui auraient aimé pouvoir en faire autant et présenter ainsi un super bulletin à leurs parents. Evidemment, ils n’ont jamais pu le faire. Il y a au moins deux poids et deux mesures. Tous ceux qui connaissent le contenu de l’initiative et celui du contre-projet savent que vous tentez de les tromper. Mais ils ne sont pas dupes. C’est vrai, nous avons perdu, et cela me désole pour tous ces gens dont on n’écoutera pas les souffrances quotidiennes dans des pays lointains. Cela me peine pour ceux dont l’eau, l’air et les terres seront toujours pollués. Cela m’attriste pour tous ces enfants qui ne pourront suivre une scolarité normale afin d’avoir un avenir décent. C’est à la limite du supportable de savoir que les droits humains et l’environnement ne seront pas respectés par certaines multinationales. C’est vrai, nous avons perdu, mais comme le dit Public Eye, nous ne baisserons pas les bras. ARLETTE RIBAUX, membre du comité local d’Onex (GE

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