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Des privilégiés ?

François Mireval défend sa position face à la grève annoncée du personnel de la fonction publique.
Fonction publique

Le personnel soignant de nos hôpitaux est-il constitué de privilégiés? C’est ce qu’affirme un éditorialiste de la presse locale1Chronique de Pierre Ruetschi, «La grève et les enfants gâtés de la république», Tribune de Genève, 9 octobre 2020., en mal de bouc émissaire. Préférant remplacer toute analyse par l’exhumation de vieux clichés stéréotypés, il qualifie d’enfants gâtés l’ensemble de la fonction publique cantonale. Celles et ceux qui ont été applaudis chaque soir pendant des mois devraient ainsi, en récompense, accepter une baisse de salaire sans broncher… Et le personnel de nettoyage, si complémentaire du précédent? Et les «petites mains» du personnel administratif? Et le personnel chargé des transports? Et le personnel enseignant, quand tant de parents ont goûté aux risques de ce métier lors du confinement?

A quand des journalistes qui s’infiltreraient quelques mois parmi ce personnel soignant si gâté? Ou bien qui s’en iraient donner des cours de math ou d’allemand dans un cycle d’orientation, repère de profiteurs bien connu?

Il est des évidences qu’il faut pourtant rappeler encore et encore. Les fonctionnaires font partie de la classe moyenne, celle que même des partis de droite prétendent défendre. Le fisc connaît tout des revenus de cette cohorte de contribuables, qui n’ont droit à aucune des nombreuses déductions dont bénéficient le privé et les indépendants. A l’heure de relancer l’économie locale, il importe de ne pas diminuer les moyens de personnes qui dépensent l’essentiel de leurs salaires sur place.

C’est pourquoi nous descendrons dans la rue ces prochains jours.

François Mireval,
enseignant, Genève

Notes   [ + ]

1. Chronique de Pierre Ruetschi, «La grève et les enfants gâtés de la république», Tribune de Genève, 9 octobre 2020.
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