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Une question de conventions sociales

Heidi Seray donne son point de vue sur le t-shirt dit «de la honte».
Société

Je suis avec effarement le feuilleton tragi-comique en rapport avec l’habillement des jeunes (filles avant tout) à l’école. Il me semble stupide et totalement contreproductif de sanctionner les filles au motif que leur tenue risquerait de distraire, voire d’exciter les garçons. Il fallait s’attendre à ce qu’une telle argumentation relance un épisode de la guerre contre le sexisme.

Or, me semble-t-il, ce qui est en jeu ici ce sont de simples conventions sociales en matière d’habillement. Le quotidien de nos sociétés est régi par des conventions. Chez nous, on ne crache pas parterre (sauf, bien sûr, les footballeurs sur le terrain), on dit bonjour, s’il-vous-plaît, merci… On mange avec des couverts, etc. Bien sûr, les conventions évoluent, changent, mais elles ne disparaissent pas. Il n’existe aucune société sans conventions en matière de comportement.

S’agissant de l’habillement, un principe tout à fait basique s’applique dans nos sociétés. Il s’appelle «chaque chose à sa place». On ne s’habille pas pareil pour faire son shopping en ville ou pour s’amuser sur la plage; on ne met pas sa salopette de jardinage pour aller au théâtre; on ne se rend pas à une cérémonie plus ou moins formelle vêtu(e) comme pour aller danser en boîte… Eh oui, et on ne va pas à l’école fringué(e) comme pour un pique-nique entre copines et copains.

Normalement, ces choses s’apprennent à la maison. Il est regrettable que ce soit aujourd’hui à l’école de faire ce travail en plus de tout le reste. C’est pourquoi je comprends les profs qui ont renvoyé se changer à la maison certain(e)s élèves. En revanche, le t-shirt dit «de la honte» me paraît une sanction beaucoup plus contestable.

Mais de grâce, laissons le sexisme où il est. Ne confondons pas tout! Reste encore à définir par quelques règles simples, applicables à toutes les écoles du canton, ce qui est et ce qui n’est pas tolérable. Pourquoi ne pas ouvrir un débat entre enseignants et élèves en vue de trouver des compromis?

Heidi Seray,
Genève

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