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Où est le respect de l’autre?

Damien Millet signifie son mécontentement face à certains comportements.
Société

Je prends la plume pour crier mon effarement.

Effaré de voir tous ces gens avec le masque sous le menton, juste au cas où la vue d’une autorité nécessiterait un geste rapide pour le mettre devant la bouche.

Effaré d’entendre autant de contestations devant le port du masque, ces inconscients se drapant dans leur liberté et utilisant les hésitations du gouvernement devant ce virus peu connu pour justifier leur non-respect de la loi.

Effaré de voir toutes ces personnes ôter leur masque pour parler en réunion alors que c’est à ce moment précis qu’ils vont postillonner.

Effaré de voir les joggers faire leur effort physique sans masque et passer en soufflant et en transpirant.

Effaré d’apprendre que ceux qui sont pris en défaut ont souvent juste une remontrance.

Effaré de voir ces gens se sentir intelligents en osant braver l’interdit. Comme si le port du masque n’était qu’une décision arbitraire qu’il serait de bon ton de contester!

Mais pour nombre d’entre nous, il s’agit d’une question de vie ou de mort, aujourd’hui, demain, dans quelques semaines. On a applaudi médecins et infirmières, mais qui suit encore leurs recommandations?

Votre liberté de ne pas mettre de masque, elle pèse quoi devant la liberté de ne pas finir en réanimation ou de ne pas mourir tout seul?

Au-delà, cette question du masque est la goutte d’eau qui fait déborder le vase de la violence et de l’irrespect. Car je suis effaré par tant d’autres choses dans la ville moderne!

Effaré par ces vélos et ces trottinettes qui grillent tous les feux rouges, qui slaloment sur les trottoirs et qui répondent «Je t’emm…» à toute protestation.

Effaré par ces voitures qui ne respectent ni piétons ni vélos, n’hésitant pas à mettre des vies en danger sans un regard.

Effaré d’avoir entendu ce chauffeur de poids lourd qui ne voulait pas s’arrêter pour laisser un piéton traverser sur un passage protégé dire «Si tu veux crever, crève!».

Effaré de toute pollution sonore, les bips stridents et interminables d’un camion qui réveille tout un quartier, le contrôleur du train qui demande à chaque arrêt de faire attention à l’écart entre le marchepied et le quai, la musique trop forte dans les magasins, les fêtes nocturnes sans égard pour les voisins… Il n’est pas nécessaire de brailler pour être convivial. Réhabilitons le calme et la sérénité. Et le silence.

Nous vivons une époque d’agression permanente. On aura besoin d’intelligence pour y faire face. Où est le respect de l’autre? Le non-port du masque est aujourd’hui le signe extérieur le plus éclatant de la bêtise.

Damien Millet,
Paris

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