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Non aux mensonges de l’UDC

Florio Togni est vivement opposé à l’initiative «pour une immigration modérée» (initiative de limitation).

Loin de moi l’idée de minimiser le sentiment d’insécurité et de peur que vivent nombre de travailleuses et travailleurs de ce pays, face à la crainte de la perte de leur travail, face aux salaires sans cesse mis en doute, face à la concurrence et au dumping salarial.

Facile pour nos populistes de service de capter ce désarroi, de désigner nos collègues immigré-e-s comme les responsables de tous les maux (chômage, bétonnage, pollution, etc.) et de faire voter oui à l’initiative pour une immigration modérée, le 27 septembre pro- chain, comme solution ultime à toutes ces difficultés.

Je ne jugerai donc pas non plus ceux et celles qui déposeront un oui, en pensant bien faire, mais il faut absolument dénoncer les mensonges de l’UDC.Cette initiative ne réduira en rien le nombre de migrants qui viendront en Suisse, car le pays en a besoin, mais elle vise à pouvoir choisir qui faire venir, ou pas, uniquement sur le critère des be- soins économiques de la Suisse. On veut nous faire croire qu’on pourra remplacer les travailleurs étrangers, en nombre et en compétences, par les actuels travail- leurs au chômage. Ce n’est pas si méca- nique, il n’y a qu’à prendre l’exemple des ces derniers mois pendant la crise sani- taire: qui a remplacé les infirmières ou autres aides-soignantes frontalier-ères?

Cette initiative, sous couvert de limi- ter l’immigration, vise surtout à élimi- ner toutes les protections des condi- tions de travail aujourd’hui en vigueur (les mesures d’accompagnement de la libre circulation, bien que très faibles, il faut le dire aussi), comme des conven- tions collectives, des salaires mini- mums et des protections contre le dum- ping salarial. En cas de oui, il y aura toujours des migrants qui arriveront en Suisse, mais moins de règles à respec- ter. Il en résultera une libéralisation totale du marché du travail (horaires, salaires, vacances, temps de travail), avec des conséquences négatives pour tous les travailleurs-euses, indépen- damment de leurs statuts et nationali- tés. Pour les migrants, c’est le grand retour, déjà partiellement d’actualité, des statuts les plus précaires et sans au- cun droit, peut-être le retour de l’ignoble statut de saisonnier?

Enfin, les populistes prétendent dé- fendre le peuple suisse, mais quand et où un-e politicien-ne UDC a proposé ou accepté des lois amenant des progrès sociaux (voir dernièrement la rente pont pour les plus de 60 ans, les débats sur l’âge de l’AVS, l’égalité homme- femme)? Jamais.

Cette initiative n’améliore en rien nos conditions de travail et de vie, il n’y a que l’égalité des droits et la solidarité entre tous les salarié-e-s qui permettent de se battre contre la discrimination, l’exclusion, l’injustice. Voter non à l’ini- tiative de l’UDC et oui au salaire mini- mum, voilà deux pas concrets pour combattre les inégalités et promouvoir la justice sociale pour tous.

FLORIO TOGNI, stopexclusion-genève

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