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Un combat nécessaire

Le collectif Kiboko réagit à notre article «Coup de pression des collectifs» du 23 juillet 2020.
Racisme

Le 23 juillet dans les pages du Courrier, Mme Métraux prenait position sur une série de quatre revendications adressées par de nombreux collectifs, associations et partis politiques sur la question du racisme et des violences policières. Fidèle à sa position depuis plusieurs années, elle rejette en bloc toute proposition. Nous souhaiterions, dès lors, répondre point par point à ses ­déclarations.

Concernant la suspension des agents impliqués dans la mort de Mike, Mme Métraux déclare n’avoir pas «de commentaire à faire», celle-ci ne relevant pas de sa compétence. Pareille décision est effectivement du ressort de M. Hildbrand, à qui nous avons aussi adressé nos revendications. Nous déplorons néanmoins que Mme Métraux refuse de prendre publiquement position, tout en constatant qu’elle n’a pas eu pareille réticence à interpeller le même M. Hildbrand au sujet de l’intervention policière lors du match de football organisé à Praz-Séchaud le 22 mai.

Au sujet de la création d’une instance de dépôt de plaintes contre les abus policiers, Mme Métraux maintient que l’unité «gestion des menaces et doléances» de la police vaudoise représente une solution suffisante. Toutefois l’absence quasi systématique de mesures disciplinaires dans les affaires récentes démontre le manque d’indépendance de cette unité. Pour rappel, la Suisse est régulièrement critiquée par le Conseil des Droits humains de l’ONU pour son obstination à ne pas s’aligner sur la pratique internationale en la matière.

Mme Métraux maintient de plus son refus d’interdire le «plaquage ventral», la position à l’origine de la mort de Mike ben Peter, sous prétexte que les policiers y sont formés dans toutes les écoles du pays et qu’il n’ est pratiqué qu’en «ultima ratio». Malgré son indéfectible soutien au directeur de l’académie de Savatan, nous souhaiterions rappeler à Mme Métraux que les cursus de formation policière doivent rester le fruit d’un processus politique. Le «plaquage ventral» est considéré comme létal dans de nombreux pays et l’arrestation de Mike par six policiers alors qu’il était seul, non armé et pas oppositionnel, démontre son usage systématique.

Finalement, Mme Metraux balaie la proposition d’un système de reçus lors de contrôles de police, sous prétexte de «maintenir la confiance dans l’action de la police». Une multitude de témoignages, y compris émanant d’agent-es eux/elles-mêmes, font état d’une pratique institutionnalisée du profilage racial. La distribution de reçus mentionnant l’heure, les circonstances du contrôle et le matricule des agents a fait ses preuves ailleurs et permettrait de constater empiriquement les phénomènes de discriminations.

Les déclarations de Mme Métraux au Courrier nous confortent dans la nécessité de notre combat. Nous serons dans la rue en septembre pour une grande manifestation pour Mike et pour toutes les victimes du racisme et des violences policières.

Collectif Kiboko

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