Lecteurs

Apocalypses

Claude Desimoni réagit à l’article intitulé «Bételgeuse: l’étoile pâlissante d’Orion» publié le 22 mai.
Surconsommation

La conclusion de l’article de Jean Ammann nous rappelle que les jours de la vie sur Terre sont inéluctablement comptés – même si ces «jours» se comptent en milliers de millénaires. Toutes les espèces vivantes, y compris la nôtre, se voient donc assigner par la science un destin tragique sous la forme d’un ultime point final qui les verra disparaître sans recours.

Il serait tentant de s’appuyer sur de telles considérations apocalyptiques – qui, en raison de l’éloignement temporel qu’elles invoquent, gardent un caractère assez spéculatif – pour relativiser et dédramatiser les craintes liées à l’actuelle pandémie. Et ramener celle-ci à une simple péripétie dans la longue liste des catastrophes potentielles dont l’humanité pourrait être menacée avant sa lointaine fin annoncée.

Sauf que celle-ci pourrait ne pas attendre les résultats délétères du vieillissement solaire pour survenir prématurément sous l’effet des contradictions intrinsèques à notre civilisation.
A commencer, bien sûr, par celle qui consiste à scier la branche sur laquelle on est assis, en ruinant et détruisant avec entrain les ressources naturelles non ou partiellement renouvelables qui nous font vivre. Et en ne considérant l’ensemble du monde dont nous sommes les hôtes qu’en termes de «ressources», corvéables et exploitables à merci, jusque et y compris leur épuisement complet.

Vue sous cet angle, la crainte suscitée par la pandémie est certainement justifiée, mais d’un point de vue qui n’est pas que sanitaire: elle ne constitue sans doute que la première grande secousse planétaire engendrée par nos modes de production et de consommation. Ceux que l’Occident a peu ou prou imposés à l’ensemble de la planète: malbouffe, gaspillage, réduction de la biodiversité, agriculture intensive dépendante aux engrais et pesticides chimiques, déforestation accélérée… et leurs conséquences, notamment sanitaires. Avec en ligne de mire l’autre menace, plus sérieuse encore, que représente le dérèglement climatique, dont une majorité d’humains a – bon gré mal gré – fini par prendre conscience mais refuse toujours d’en tirer les conclusions: l’urgente nécessité d’une modification de notre mode de vie. En clair, une réduction drastique de notre insoutenable niveau de «richesse» et de nos routines consuméristes irresponsables.

Mais peut-être est-il déjà trop tard.

Claude Desimoni
Savigny (VD)

Opinions Lecteurs Lettre De Lecteur Surconsommation

Connexion