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Les psychologues et leur patientèle!

Laurence Fehlmann Rielle demande la levée de la limitation des consultations téléphoniques jusqu’à la sortie de la crise.
Santé

La crise sanitaire et économique que nous traversons ainsi que le confinement ont de graves conséquences sur la santé psychique et le bien-être de la population. Le risque d’actes violents envers soi-même et les autres est tangible, notamment dans les pays qui ont vécu la crise avant la Suisse. Il est à craindre que le nombre de suicides, de féminicides ou d’infanticides augmente aussi dans notre pays. Les associations de soutien aux femmes connaissent d’ailleurs une recrudescence d’appels et de demandes de conseils. Dans ce contexte, il est indispensable que les personnes concernées aient un accès facilité et immédiat à des soins psychothérapeutiques.

Or, la décision de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) du 2 avril dernier est contraire à cet objectif: en effet, les psychologues-psychothérapeutes n’ont le droit qu’à trois cenet soixante minutes de consultations téléphoniques par semestre et par patient remboursées par la LAmal alors que les psychiatres auront le droit à des consultations à distance illimitées. Cette décision pourrait avoir comme conséquence une interruption prématurée de certaines thérapies pouvant entraîner une chronicisation des troubles, voire des crises aiguës et des hospitalisations non désirées et coûteuses.

C’est ainsi que l’Association genevoise des psychologues, la Fédération suisse des psychologues et plusieurs institutions ont tiré la sonnette d’alarme pour que le département de M. Alain Berset intervienne et que cette décision soit revue. Elles demandent notamment la mise en place provisoire du modèle avec une large habilitation à prescrire et la levée de la limitation des consultations téléphoniques jusqu’à la sortie de la crise.

Il faut bien comprendre qu’au-delà de la défense d’une profession, déjà limitée dans son champ d’action du fait de l’exigence d’une thérapie sur délégation d’un psychiatre, c’est le système de santé psychique de notre pays qui est en cause. Il s’agit aussi d’un enjeu de prévention: il est évident qu’une personne vulnérable qui est accompagnée en ambulatoire par un ou une professionnelle certifié.e évitera des complications et verra ses chances de guérison augmentées.

Dans ce sens, les objectifs éthiques (soins de qualité garantis) et économiques (dépenses de santé contenues) peuvent se rejoindre.

Laurence Fehlmann Rielle,
conseillère nationale PS/Genève

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