Vaud

Situation très tendue pour les travailleurs

La pandémie de coronavirus malmène de plus en plus le climat social.
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Un chantier à Lausanne, mercredi 18 mars 2020. KEYSTONE
Conditions de travail

La pandémie de coronavirus malmène de plus en plus le climat social, en particulier dans les usines et sur les chantiers qui devraient faire respecter les mesures de sécurité. Si le canton de Vaud juge que la situation est «très tendue», le syndicat Unia estime pour sa part que «les contrôles ne fonctionnent pas correctement».

Chef de l’état-major cantonal de conduite (EMCC), Denis Froidevaux a répondu hier aux questions lors de la conférence de presse du canton. Il a tenu à rappeler que le dispositif sanitaire mis en place à cause de la crise était d’une très grande ampleur, avec chaque jour de nouveaux problèmes. «Chacun cherche son chemin pour s’en sortir», a-t-il reconnu.

La situation sur les chantiers «n’est pas simple, elle est parfois même très tendue, avec davantage de difficultés sur les gros chantiers». Lundi prochain, le conseiller d’Etat Philippe Leuba, responsable de l’Economie, va réunir les grandes entreprises suisses du secteur.

Les tentatives de médiation seront nécessaires car les syndicats sont toujours très remontés, à l’instar d’Unia. Pour le secrétaire syndical Yves Defferrard, «les contrôles ne sont pas adaptés à la situation. Les policiers ne sont pas formés et les interventions de la police dans les entreprises, c’est clairement de l’amateurisme», tonne le responsable. «Ça ne va pas, et des centaines de travailleurs vont continuer la semaine prochaine à œuvrer avec des risques aigus pour leur santé», martèle Yves Defferrard. Le syndicat a aussi mené une action contre une chaîne de restauration rapide accusée de ne pas respecter les consignes de protections des travailleurs, en cuisine notamment.

Selon le responsable de l’EMCC, la grande distribution fait des efforts considérables pour gérer les flux et protéger aussi son personnel, par exemple avec des agents de sécurité. Mais «il y a une insécurité avec ce qui flotte dans l’air», lorsque tout le monde attend les décisions du Conseil fédéral ou du Conseil d’Etat.

Dans ce dispositif d’accompagnement de la population confrontée à la pandémie, on constate que de plus en plus de gens sont victimes de souffrances psychiques, avec des crises de panique ou de décompensation. Le but est désormais de renforcer les soutiens et d’avoir un système similaire à celui qui est activé lors des périodes de canicule. Elément rassurant, cette pandémie a déclenché un formidable élan de solidarité. «Nous sommes submergés de demandes de gens qui veulent se porter bénévoles et qui tiennent à aider», s’est félicité Denis Froidevaux.

Enfin, côté sécurité policière, deux dénonciations de groupes de jeunes qui ne respectaient pas les consignes de protection ont été prononcées. «Le but n’est pas de faire de la répression, mais si on doit le faire, on le fera». Un des seuls effets positifs de cette crise, c’est la baisse de la criminalité, les gens restant chez eux ou ne pouvant plus passer la frontière, a conclu Denis Froidevaux.

 

Cet article est paru dans La Liberté.

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