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Climat: changer de système

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Depuis début 2019, des milliers de jeunes manifestent pour le climat dans le monde entier (ici, à Genève en avril). JEAN-PATRICK DI SILVESTRO
Climat

Aujourd’hui et demain, jeunes – et moins jeunes – manifesteront en faveur du climat. Les rassemblements promettent d’être importants, à l’échelle nationale comme internationale. Cette lame de fond ne devrait être freinée ni par les timides avancées du sommet de l’ONU sur le climat à New York, ni par la révision de la loi sur le CO2, acceptée cette semaine par le Conseil des Etats.

Certes, à Berne, des progrès ont été accomplis depuis les discussions de l’an dernier au Conseil national. Même le PLR a reconnu que ne rien faire n’était plus une option. Nous pouvons nous réjouir de la volonté affichée d’introduire enfin une taxe sur les billets d’avion. Sa redistribution, en revanche, est beaucoup plus discutable. Tout comme l’achat de permis de polluer. En l’état, ces mesures demeurent largement insuffisantes au regard des prévisions du GIEC. Sans compter que le chemin sera encore long jusqu’à l’adoption définitive de la loi. S’il n’y a pas référendum. Voire retournements de veste des élus bourgeois, une fois les élections fédérales passées.

Les jeunes manifestants ne s’y trompent pas. Ils revendiquent la fin de l’ère des combustibles fossiles et la justice climatique. Si le système actuel n’est pas en mesure de se réformer, c’est bien le système qu’il faut changer, affirment-ils. La radicalité est le fruit de l’urgence, mais aussi d’une défiance vis-à-vis d’élites perpétuant un mode de vie issu des Trente Glorieuses. Avec son cortèges de mythologies, comme lorsque l’ancien ministre français Luc Ferry assène que le progrès technique sauvera l’humanité. Un mensonge pur et simple.

Les élections fédérales seront l’occasion d’un certain rééquilibrage. Mais au-delà, la convergence des luttes avec d’autres mouvements, comme la grève des femmes et les syndicats, sera nécessaire. Notre pays, prodigieusement nanti, a les moyens de l’exemplarité vers une transition juste, liée à une meilleure répartition des richesses. Il n’y a aucune fatalité à la situation actuelle. Il s’agit bien de choix politiques. Le prétendre n’est pas de la démagogie, mais du bon sens, comme nous le rappellent les jeunes en descendant dans la rue.

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La grève du climat

mercredi 16 octobre 2019
Depuis le début de l’année, en Suisse et ailleurs en Europe, les jeunes se mobilisent suite à l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg à faire la «grève du climat».

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