Scène

«On ne sait pas ce qui va se passer»

Ce soir se déroulera la seconde impro sur terrasse de la saison au théâtre de la Parfumerie, à Genève. Entretien avec Nina Cachelin, comédienne et formatrice chez Impro Suisse.
cet article vous est offert par le courrier
Chaque jour Le Courrier vous offre de nouveaux articles à lire. Abonnez-vous pour soutenir un média indépendant et critique.
«On ne sait pas ce qui va se passer»
Céline Andersson, Lionel Perrinjaquet et Nina Cachelin sur la terrasse de la Parfumerie. Gabriel Asper
Interview

Nina Cachelin s’est lancée dans l’improvisation théâtrale il y a plus de sept ans. Comédienne et formatrice à Impro Suisse, elle apporte son éclairage sur cette discipline artistique en plein essor.

Comment avez-vous découvert l’improvisation théâtrale?

Nina Cachelin: Deux amis avec qui je faisais du théâtre au Conservatoire cherchaient à recruter des comédiens dans leur équipe d’impro et m’ont convaincue de venir tester un entraînement. C’est ainsi que j’ai commencé en 2012 dans une équipe junior de la Fédération d’improvisation genevoise (FIG). J’ai fini par privilégier l’impro au théâtre, parce que c’était plus facile à agencer avec mes études, mais aussi parce que j’avais plus d’occasions de jouer. Et il y avait une si bonne ambiance!

L’improvisation théâtrale rencontre un succès fulgurant. Comment le gérez-vous?

L’impro attire de plus en plus depuis déjà deux ou trois ans! Nous avons remarqué que beaucoup de gens venaient au spectacles, et que ce n’était plus seulement les proches des personnes qui jouaient. Il y a un gros développement en Suisse romande, et il y a aussi plus de demandes pour faire des spectacles d’entreprise, ou des formations de team building.

Je donne des cours à Impro Suisse – anciennement Story Factory à Genève – depuis un an et demi, et je vois véritablement le succès: nous doublons le nombre de classes à la rentrée! Les élèves ont tous les âges et viennent de domaines très différents.

Cet engouement s’explique notamment par le bouche à oreille. Le monde de l’impro se professionnalise, et on essaye de rendre nos spectacles attractifs. Nous avons augmenté la visibilité, amélioré la communication, et nous jouons dans des salles plus grandes. Comme il y a tellement de gens qui commencent, la qualité des spectacles proposés a également augmenté.

Il y a aussi ce lien particulier qui se crée avec le public. On lui promet qu’on ne sait pas ce qui va se passer, et il prend aussi le risque de venir alors qu’il ne sait pas du tout ce qu’il va voir. C’est un phénomène qui donne l’impression de vivre une expérience unique ensemble, ce qui entraîne une vraie bienveillance.

Depuis quand réalisez-vous le concept «Impro sur terrasse» à la Parfumerie?

Jérémy Verlooven, l’un des responsables de la Parfumerie, a toujours eu un bon contact avec le milieu de l’improvisation. Nous avons eu l’occasion de réaliser ce concept pour la première fois l’année passée, et ça a été un énorme succès. Il y avait environ 400 personnes, on ne savait plus où les placer! Ça a très bien fonctionné parce que ça a autant attiré les gens qui aimaient l’impro que les gens qui aimaient la Parfumerie. Et lorsque nous avons joué en juillet cette année, le public était à nouveau au rendez-vous.

En quoi cette date diffère-t-elle des autres?

A l’origine, l’impro a d’abord été créée sous forme de matchs au Québec. Elle avait pour objectif de stimuler les gens à venir voir du théâtre. Chaque spectateur possède un carton qui lui permet de voter après chaque impro pour l’équipe qu’il a préférée, et un arbitre impose des thèmes et des catégories. Ce format, même si c’est pour le décorum, est donc assez compétitif.

A Impro Suisse, on propose notamment le concept des Grands Duels, durant lequel deux personnes s’affrontent, et la FIG organise le Bouquet, une compétition d’équipes.

Mais on a remarqué qu’aujourd’hui, le public peut aimer l’impro, même sans voter. On développe donc aussi d’autres formats non compétitifs, comme La Générale improvisée, une pièce de théâtre complètement improvisée. Le public adore tous ces nouveaux concepts, et je pense que c’est cela qu’il faut proposer: une grande diversité de spectacles.

L’idée de l’Impro sur terrasse, c’est donc surtout de faire un spectacle détendu pendant la pause estivale. Les gens qui sont en manque d’impro peuvent assister à une soirée gratuite et profiter de la terrasse. Quant à nous, c’est toujours positif de jouer une date pendant l’été pour préparer la saison à venir. Comme d’habitude, on ne sait pas ce qui va se passer, mais on sait qu’on va beaucoup rigoler!

Comment se déroulera cette deuxième soirée?

La soirée débute à 18h avec un cours d’initiation gratuit ouvert à tout le monde. Il y a ensuite un apéro jusqu’à ce que le spectacle commence, à 20h45. On sera neuf comédiennes et comédiens sur scène, mais je ne sais même pas encore quel sera le concept! On prendra certainement des impulsions du public, pour démarrer nos histoires avec lui. Ensuite, soit on prendra une inspiration de l’impro qui vient de se dérouler pour créer une nouvelle histoire, soit on s’inspirera de différents objets qu’on aura à disposition. Ce seront de petites scènes qui s’entrecoupent et leur durée déprendra de ce qui se passe dans l’histoire, et de si ça se déroule bien!

Lors de la dernière date, le public était incroyable. On aurait dit un concert! Je pense que c’est aussi le cadre qui fait ça. On est très proches vu que c’est une terrasse, contrairement aux salles de théâtre. Le public se sent donc à l’aise pour réagir et de participer. Plusieurs personnes nous disent d’ailleurs que c’est le rendez-vous de l’été!

Ce mercredi soir à 20h45, La Parfumerie, 7 chemin de la Gravière, Genève, www.laparfumerie.ch

Culture Scène Judith Marchal Interview

Connexion