Édito

Une veste à nouveau à l’endroit?

Une veste à nouveau à l’endroit?
Mardi, les socialistes genevois décideront du mot d'ordre pour les votations du 19 mai. A voir si le parti confirmera son soutien à la RFFA ou s'il changera d'avis. KEYSTONE photo prétexte
RFFA

Mardi, l’assemblée générale du Parti socialiste genevois dédira-t-elle celle de janvier à propos du volet cantonal de la réforme de l’imposition des entreprises (RFFA)? Le parti passerait dans ce cas pour un partenaire sans parole aux yeux de la droite, avec laquelle il a passé un accord.

Pour rappel, en janvier, 52 camarades socialistes contre 36 ont accepté le compromis élaboré en commission des finances par les commissaires du PS et de la droite, lequel lie le projet fiscal (pertes estimées à 186 millions) au contre-projet à l’initiative de la gauche pour le plafonnement des primes d’assurance-maladie (186 millions pour les subsides).

Cette petite majorité s’est toutefois révélée franchement vacillante puisqu’au Grand Conseil, la députation socialiste s’est majoritairement abstenue au moment de voter ce paquet explosif. Le comité directeur, lui, ne l’avait soutenu qu’à 9 voix contre 8. Sans parler des partenaires de l’Alternative: si l’opposition d’Ensemble à gauche paraissait actée d’avance, un compromis acceptable aurait pu séduire les Verts. Entre-temps, le comité directeur du Parti socialiste a changé d’avis, à peu de voix près, donnant encore une fois l’image d’un parti divisé et indécis.

Mardi, au moment de choisir leur mot d’ordre pour les votations du 19 mai, les militants devront se demander s’il vaut mieux apparaître comme un partenaire peu fiable ou s’il est vraiment opportun de voter un compromis qui impliquera un trou financier considérable pour les collectivités publiques.

D’abord, rappelons que malgré cet accord, rien n’empêcherait que les Genevois acceptent de vider les caisses de l’Etat, tout en refusant la contrepartie en faveur des assurés. De même, rien, dans les années à venir, n’obligerait le Conseil d’Etat et la droite à voter des budgets déficitaires afin de compenser les pertes fiscales sans sabrer les prestations. D’ailleurs, faut-il vraiment endetter les générations futures pour que les grandes entreprises suisses échappent encore plus à l’impôt?

On ne peut donc qu’inciter le PS, mardi, à retourner sa veste. Car, après l’avoir tournée une première fois en janvier, il ne ferait que rétablir la cohérence avec ses valeurs et le reste de la gauche. Cela lui permettrait de se battre sans ambiguïté contre la RFFA fédérale et pour l’initiative sur le plafonnement des primes. Initiative que son conseiller d’Etat Thierry Apothéloz a bradée aussitôt arrivé au pouvoir et malgré sa promesse ­électorale.

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