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Où va-t-on?

Yves Batardon invite les citoyens à agir et à contraindre les gouvernements à prendre rapidement des mesures contre la pollution.
Environnement

Depuis un certain temps, la presse nous offre des analyses pour nous éclairer sur le transport aérien. Des experts donnent leurs avis. De fait, il est difficile pour un expert d’être impartial et de renier ce qui le nourrit.

En réalité, la majorité des expertises institutionnelles nous anesthésie avec de bonnes raisons de ne rien faire. Comme nous avons tous pu le constater en décembre concernant le projet de taxe sur le transport aérien. Le résultat a été un vote négatif du Conseil national qui est opposé à toute taxe sur le kérosène. Ce vote est plutôt étonnant sachant que près de 70% des citoyens suisses sont pour une réglementation contraignante (pollueur/payeur) des transports aériens et maritimes. Pourquoi nos représentants politiques de droite sont-ils si fermés à l’attente de la population? Nos élus représentent-ils le peuple et ses intérêts?

Actuellement, divers groupes politiques de jeunes, Verts, Vert’libéraux et Jeunes Socialistes s’engagent avec conviction en lançant des initiatives pour une véritable transition écologique. Heureusement, car si nous laissons faire nos élus, l’aéroport de Genève générera 40% des émissions de CO2 du canton en 2030. Pourtant les autorités nous rassurent, les Suisses sont champions du tri des capsules Nespresso et de l’interdiction des pailles plastique! Mais malgré ces belles intentions, les chiffres sont là. L’empreinte écologique de la Suisse à augmenté de 7% entre 1990 à 2016.

Comment peut-on réagir? Dénoncer la Confédération avec une plainte pénale, comme cela a été fait dans d’autres pays (France, Hollande Pakistan, Irlande)? Ou organiser un référendum? Depuis trente ans on parle d’écologie sans en faire, mes parents eux, n’en parlaient pas, ils la vivaient avec simplicité…

Donc, en tant que citoyen, je me permets de revenir sur la taxation du kérosène et de vous exprimer ce raisonnement: le nombre de passagers estimés en 2025 pour l’aéroport de Genève est de 20 millions par année. Imaginez ces 20 millions de passagers taxés pour leurs empreintes carbone à environ 150 francs par billet d’avion long courrier, et 80 francs pour les vols régionaux. On pourrait taxer aussi les biens transportés par avion (à terme, des roses de Colombie remplacées par des roses produites ici…). Pour l’aéroport de Genève, cela pourrait générer une somme de plus d’un milliard de francs et au niveau Suisse environ 3 milliards par année!

Une partie de ces taxes carbone pourrait être utilisée pour offrir des réductions substantielles des tarifs CFF pour tous, et plus particulièrement pour les jeunes de 18 à 25 ans. Cela permettrait d’inciter les habitants suisses à se déplacer en transports publics, découvrir les différentes régions de notre pays. Et pourquoi pas, de visiter les Grisons avant la Nouvelle-Zélande. Elle pourrait aussi soutenir le transport marchandise par le rail. Ensuite, selon les résultats, il faudrait augmenter progressivement ces taxes afin de réduire le trafic aérien.

J’imagine déjà les gens bien-pensants me dire que mon raisonnement est une utopie simpliste, mais l’utopie, c’est de croire que nous pouvons continuer comme cela. Je vous rappelle que dans les années 60, le port obligatoire de la ceinture était une utopie. Aujourd’hui combien de vie ont été sauvées grâce à cette décision?

De nos jours, si tout le monde faisait comme les Suisses, entre 6 à 9 planètes seraient consommées par année, est-ce raisonnable de continuer ainsi? Il serait temps d’agir pour sauvegarder l’avenir de nos enfants. N’attendons plus, le temps presse.

C’est à nous citoyens, d’agir et de forcer nos élus à l’action.

Yves Batardon,
paysan, vigneron, Soral (GE)

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